Plus de 2.000 employés d’Ogero et du ministère des Télécommunications ont manifesté mercredi devant le siège principal de l’organisme public, à Bir Hassan, pour réclamer le versement de leurs salaires, alors que la polémique sur le fonctionnement d’Ogero bât son plein.
Une rixe a éclaté entre les manifestants, certains accusant le ministère des Finances d’être à l’origine du retard pris dans le versement des salaires, et d’autres le ministre des Télécommunications.
Les deux camps se renvoient en effet la responsabilité du retard.
Selon la ministre des Finances Raya el Hassan, le ministre démissionnaire des Télécoms, Charbel Nahas, a transgressé les règles en demandant un transfert du compte de la direction de l’exploitation et de la maintenance du ministère dans la banque centrale vers le compte d’Ogero, sans l’aval du ministère des Finances. La Banque du Liban a donc suspendu l’opération en attendant un avis de la Cour des comptes.
Mais pour le chef du Courant patriotique libre, Michel Aoun, Raya el-Hassan et le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, bloquent les transferts des salaires afin de tenir en otages les 4.500 employés d’Ogero et faire ainsi pression sur le ministère des Télécommunications.
Pour sa part, Ogero a souligné mercredi dans un communiqué que le ministère des Télécommunications s’est abstenu depuis août 2010, et jusqu’à ce jour, de régler les frais de fonctionnement d’Ogero.
L’organisme public affirme aussi que « le montant dû par le ministère des Télécommunications à Ogero dépasse les 93 milliards de livres occasionnant une dette de 62 milliards de livres d’Ogero envers les fournisseurs ». Une information démentie à plusieurs reprise par Charbel Nahas.
Répondant au général Aoun qui avait accusé le directeur général d’Ogero, Abdel Menhem Youssef, d’agir à sa guise sans se conformer aux ordres donnés, le communiqué souligne que « le gouvernement est la seule partie habilitée à confier des missions à Ogero, le ministre des Télécommunications doit soumettre les projets qu’il souhaite faire exécuter par Ogero au Conseil des ministres qui décide des suites à leur donner ».
Contacté, un employé d’Ogero, qui a préféré s’exprimer sous le couvert de l’anonymat, a souligné le « ras-le-bol » des employés qui n’arrivent pas à subvenir aux besoins de leurs familles. « Travailler dans ces conditions devient de plus en plus difficile », a-t-il affirmé.
Pour l’expert économique, Adib Melki, « aucune solution à long terme ne peut être trouvée aux innombrables problèmes en suspens à l’ombre d’un vide gouvernemental ». Pour lui, « les tensions politiques ne font qu’exacerber les divisions et les luttes pour le contrôle des institutions de l’Etat au détriment des besoins du citoyen ».


