Le Conseil islamique chérié (sunnite) a décidé lors d'une réunion, début juin, de relever l'âge de la hadana (garde des enfants). La période pendant laquelle la mère conserve automatiquement la garde de ses enfants est ainsi relevée à 12 ans (garçons et filles) contre 7 (garçons) et 9 (filles) aujourd'hui. Ensuite, à moins d'un accord entre les deux ex-conjoints dans le cas d'un divorce, le père est en droit de reprendre la garde de ses enfants.
La communauté chiite n'est pas concernée par cette décision. Ses autorités religieuses maintiennent la hadana à 2 ans (filles) et 7 ans (garçons).
De leur côté, les instances représentatives druzes réclament un vote parlementaire pour modifier la loi de 1948 sur les statuts personnels de la communauté. Aujourd'hui, les régles qui s'appliquent à la communauté druze sont les mêmes qu'en droit sunnite, soit 7 ans (filles) et 9 ans (garçons). Elles entendent prolonger l'âge de la garde maternelle des enfants à 18 ans (garçons et filles), mais en exigeant un renouvellement de ce droit tous les deux ans jusqu'à la majorité.
Le Conseil islamique chérié a également décidé de permettre la réévaluation du mahr mouakhar, c'est-à-dire de la dot à terme de la femme, due à la mort de son mari ou en cas de divorce. Désormais, le mahr sera réévalué en fonction de la valeur de l'or au jour où il est dû.
Pour leur part, les autorités religieuses chiites considèrent le mahr mouakhar, comme une créance qui reste fixe quelles que soient les fluctuations monétaires entre la signature du contrat de mariage et le moment où cette créance est réclamée.
Rappelons qu'en droit musulman, il n'existe pas de limite supérieure au mahr (seulement un montant minimum) et que les droits de mutation au moment de la succession ne s'y appliquent pas. Le droit musulman considère le mahr comme une dette priviligiée (prioritaire) au moment de la sucession : ce n'est qu'après avoir prélevé cette créance (et les autres créances dues par le défunt) que le partage successoral peut se réaliser.
Ces deux décisions du conseil sunnite doivent être approuvées par le Parlement pour être définitivement validées.


