Avouez-le : comme presque n’importe qui vous rêvez parfois de devenir président du monde. Que ne feriez-vous pas alors ! Un programme d’éradication de la faim dans le monde, l’interdiction des voitures dans les villes, ou pourquoi pas le règlement du conflit israélo-palestinien… Réjouissez-vous : ce fantasme un rien mégalomaniaque est enfin possible grâce à Resident of the world (ROTW), le premier « réseau social politique et démocratique », créé par Philippe Darwish, un Franco-Libanais de 43 ans.


Fondé en juin 2010, ce nouveau réseau social est accessible aux internautes depuis mai 2011. Encore en version d’essai, ROTW compte pour l’heure quelque 3.000 abonnés mais le site vise un objectif de 50.000 comptes d’ici à la fin de l’année. Philippe Darwish refuse de communiquer le montant exact de l’investissement, qui se chiffre en milliers de dollars, réalisé sur ses fonds personnels et ceux de ses deux partenaires américains. « Pour l’heure, nous sommes trop jeunes pour avoir des objectifs financiers clairement identifiés. Il faut d’abord organiser le lancement. C’est seulement en fonction de l’évolution du site que l’on pourra mettre en place des seuils réalistes de rentabilité et de retour sur investissement », dit-il.


ROTW veut devenir une plateforme de débat qui repose sur l’interaction active et engagée des utilisateurs, à l’image des jeux de rôles. Ses membres organisent des « programmes politiques », signent des « éditos » et défendent des engagements en relayant l’action d’associations caritatives réelles. Le but est de fédérer autour de leurs combats un maximum de futurs électeurs en vue d’élections se déroulant tous les deux mois. Le président élu a un salaire minimum de 100 dollars mensuel ainsi qu’un tiers des revenus publicitaires générés par la « page présidentielle ».


Mais ROTW entend aussi avoir un impact sur le monde réel. « Il s’agit de sensibiliser les leaders d’opinion et de les accompagner sur notre site. Nous allons susciter des interactions nouvelles entre les décideurs et les électeurs », poursuit Philippe Darwish.


Cet ancien trader, qui a abandonné la finance pour se consacrer au développement de son site, a eu l’idée de ROTW en 2008 alors qu’il lisait l’histoire du premier « président de Facebook » dans la presse. Arash Derambarsh, un jeune Français de 28 ans, affirmait alors avoir gagné cette élection mondiale et se préparer avec grand sérieux à son nouveau rôle de président du premier réseau social mondial, qui comptait plus de 50 millions de membres à l’époque (contre aujourd’hui 500 millions). L’histoire n’était qu’un canular mais elle a donné à Philippe Darwish l’idée de créer un site dédié à la politique et à l’engagement social. « Il manque aux personnes engagées politiquement un lieu de débat neutre, mais ouvert à toutes les tendances », explique Philippe Darwish. Une équipe de modérateurs doit s’assurer que le contenu reste aux normes de bienséance des débats publics.


Quant à savoir si cela marchera ? Philippe Darwish l’avoue. « Il faut tenter sa chance. Dans le monde des réseaux sociaux, la réussite de Twitter ou de Facebook camoufle des centaines de sites qui s’y sont essayés et ont périclité ». Un pari que cet ancien trader assume visiblement.