L’institution financière BSEC, Bemo Securitisation, a annoncé la clôture réussie d’une opération de titrisation pour le compte de la société Cherfane Tawil & Co., agents exclusifs de Samsung Electronics au Liban. Cette transaction est adossée à un portefeuille de créances commerciales accordées par Cherfane Tawil & Co. à ses clients, notamment ses concessionnaires et revendeurs locaux.
Il s’agit de la première titrisation de créances commerciales à terme établie sous la loi libanaise n° 705/2005.
L’émission fait partie d’un programme de financement qui s’élèvera à 24 millions de dollars. La première émission de titres SS-Fund, dont le portefeuille est estimé à 9 millions de dollars, a été lancée après l’accord de la Banque du Liban et de la Commission de contrôle des banques. À la date de la clôture, le fonds a émis deux classes de titres A et B qui ont une maturité de quatre ans et demi.
La deuxième émission est prévue en septembre. La première émission a été souscrite par la banque BEMO SAL, CreditBank SAL et Federal Bank of Lebanon SAL.
« La mission de BSEC est d’offrir aux sociétés des solutions de financement efficaces qui conviennent à leurs besoins, tout en proposant aux marchés financiers des produits innovants, affirme Ronald Yazbeck, directeur général de BSEC. D’une part, ce financement offre à Cherfane Tawil & Co. un outil stratégique lui permettant de renforcer sa position de leader du marché de l’électroménager et, d’autre part, la structure subordonnée des titres A et B permet de répondre aux différents profils de risque des investisseurs. »
« Le but de la titrisation est de transformer des actifs en titres échangeables sur les marchés de capitaux, toute société a des actifs, tant qu’ils génèrent de l’argent il est possible de les titriser, précise Yazbeck au Commerce du Levant. Les titres portent sur un portefeuille d’actifs bien déterminé. »
Les risques pour chaque société sont étudiés en fonction des actifs, une fois transformés en titres, ils ne figurent plus sur le bilan de la société. « De cette façon, la société allège son bilan et est recapitalisée, la titrisation peut venir alors en remplacement d’une injection de capital, elle est à moindre coût pour la société qui n’est plus responsable de ses dettes », précise-t-il.
Il faut en général six à neuf mois pour aboutir à une opération de titrisation. Cette opération se scinde en deux parties. La première porte sur les détails de la structure, il s’agit d’une activité de consultation. La deuxième est une activité d’ingénierie. Ces étapes sont jalonnées de discussions avec les investisseurs aussi bien qu’avec le client avant le lancement et le pricing final.
La titrisation est un produit rare dans la région, une dizaine de projets ont fait l’objet de titrisation depuis huit ans. « Un bon chiffre sur un marché encore balbutiant au niveau de la titrisation et qu’il fallait éduquer », souligne Yazbeck, dont le champ d’action s’étend au Golfe et en Syrie.
Pour lui, la titrisation participe à l’expansion de l’économie nationale en attirant des capitaux étrangers.