Les vendanges se présentent sous les meilleurs auspices cette année. Après une année 2010 catastrophique, marquée par la canicule de l'été dernier, qui avait presque divisé par deux la quantité de raisins récoltés, les producteurs peuvent désormais espérer une récolte normale. « Avec 2011, on retrouve une année classique. Il y a vingt ans, nous vendangions autour de la mi-septembre. Depuis le milieu des années 90, le réchauffement climatique opère et l'on récolte en général début septembre. Mais en 2010, nous avons été obligés de démarrer à la mi-août », rappelle Serge Hochar, président de l'Union vinicole du Liban (UVL) et propriétaire de Château Musar à Ghazir (Metn).

Dans la région de la Békaa, qui assure 80% de la production viticole du Liban, les producteurs sont quasi euphoriques. « L'état sanitaire des raisins est parfait. Nous n’avons pas connu de grande chaleur, ce qui a permis une maturité lente des raisins. Couplé à des nuits fraîches et de belles journées ensoleillées, cela exacerbe les arômes », ajoute Raymond el-Khoury de Château Khoury, situé sur les hauteurs de Zahlé. Aziz Wardy, qui dirige le domaine Wardé, à Zahlé, partage son opinion : « Chaque semaine nous menons des analyses : les sucres montent très lentement. Pour moi, 2011 sera l’un de mes meilleurs millésimes ».

Avis également partagé par les vignerons de Batroun, seconde région productrice d'un vin avec huit domaines référencés dans ses collines. « Le contexte météorologique a été idéal pour fournir une très bonne récolte », indique Diana Salameh, œnologue conseil, qui intervient dans certains domaines de la région. « Les syrahs ont une couleur de jus de mûres intense. C’est rare et très prometteur », ajoute-t-elle.

2011 devrait également être un excellent millésime pour les blancs. « Le degré de sucre est là, avec cependant beaucoup d’acidité, des arômes bien présents. Ce seront des vins équilibrés », fait valoir Yvan Jobard, œnologue des Coteaux de Botrys situés à Eddé. « La preuve ? Les sangliers ont mangé la moitié de mes chardonnay ! » ajoute-t-il amusé.

Est-ce le signe d'une année 2011 à marquer d'une croix sur le calendrier des millésimes exceptionnels ? Pour Serge Hochar de l'UVL il est encore trop tôt pour l'affirmer : « Au Liban, par principe, les vendanges sont bonnes, car nous ne connaissons pas ou peu les problèmes européens liés aux intempéries. D'une certaine façon, chaque année est exceptionnelle, chaque millésime différent ».