Samedi 24 septembre, conférence de TEDx Beirut : l’amphithéâtre de Berytech à Mkalles, qui peut héberger 585 places, affiche complet ; certaines personnes sont même assises sur les escaliers, et près de 200 personnes suivent les conférences sur l’écran géant placé dans l’ « espace social » adjacent.

Quelque 19 conférenciers et 2 couples d’artistes se succèdent sur scène pour s’exprimer, en moins de 18 minutes chacun, autour du thème de l’événement : « des limitations à l’inspiration » (from limitation to inspiration).

Ali Jaber, directeur des télévisions du groupe MBC partage son expérience de création d’école de journalisme pour le Moyen-Orient ; Yorgui Teyrouz émeut le public avec le récit de son accident de voiture et sa volonté de créer l’ONG Donner Sang Compter ; Hala Fadel explique comment une simple question de son mari a chamboulé sa vie et l’a menée à fonder le concours des business plan MIT pour le monde arabe (MIT Arab Business Plan Competition) ; etc.

Les conférences TED ont vu le jour en Californie en 1984, avec pour objectif de promouvoir les « Idées qui valent la peine d’être répandues » (Ideas Worth Spreading) en technologie, divertissement (Entertainment) et design. Au fil du temps, le champ des domaines abordés s’élargit, pour couvrir divers sujets : architecture, marketing, business, religion, science, etc. A partir de 2006, les vidéos des meilleures conférences (TEDTalks) sont postées sur la toile, et bénéficient instantanément d’un effet viral. En 2009, l’organisation à but non lucratif lance les programmes TEDx, à savoir les événements organisés indépendamment à travers le monde, sous la licence TED.
 
Au Liban, l’initiative du projet revient à Patricia Zougheib, qui a découvert par hasard sur internet la vidéo de Jill Bolte Taylor, scientifique qui a raconté son accident vasculaire cérébral. « J’ai commencé de façon informelle, à réunir à la maison des amis pour débattre autour de vidéos TED, raconte la jeune femme, de six personnes nous sommes rapidement passés à 20 ; en 2009 j’ai obtenu la licence officielle TEDxSKE (spreading knowledge and entertainment) ; en 2010, j’ai organisé deux événements TEDx Green Beirut (pour la promotion de l’environnement au Liban) ».
En décembre 2010, Patricia Zougheib obtient l’autorisation d’organiser TEDx Beirut, et commence à mobiliser des volontaires autour d’elle : outre William Choucair, son partenaire dans l’aventure et concepteur rédacteur de profession, quelque 15 personnes forment l’équipe de base de TEDx Beirut.
Au cours de l’année, trois salons sont organisés, à la LAU, à l’AUB, et à l’hôtel Monroe, pour construire la communauté et faire connaître les conférences. Entre 160 et 390 personnes y ont assisté. Les réseaux sociaux et les blogs sont également mobilisés pour faire la promotion de l’événement.
 
L’organisation de la journée du 24 septembre a requis un budget de 40.000 dollars, « essentiellement pour la décoration, la nourriture et les boissons », précise Patricia Zougheib. Des contributions non financières ont également été essentielles pour assurer le bon déroulement de l’opération : Berytech a offert les lieux, la LBCI s’est chargée de la production vidéo, Samsung a mis à disposition quelques ordinateurs, etc.
« Entre 30 et 40 volontaires nous ont aidés », raconte la jeune femme, qui travaille par ailleurs dans une régie publicitaire. A la question de savoir si elle renouvellera l’expérience l’année prochaine, elle répond : « TEDx Beirut a vocation à être un événement annuel, que ce soit moi qui l’organise ou pas ».