Greenstone (groupe Johnny R. Saadé) finalise la construction d’un immeuble à Yarzé, baptisé La Brocéliande, qui sera son premier bâtiment certifié écolo. Pour ce projet, dont tous les appartements sont d’ores et déjà vendus, le promoteur suit une norme d’évaluation de la performance environnementale des bâtiments : la certification anglaise BREEAM, développée par l’organisme britannique BRE depuis 1990. « Elle requiert deux certifications successives : la première sur plan ; la seconde lors de la finalisation. Ainsi, l’on assure un contrôle des engagements initiaux dans un pays où il n’existe pas de garantie d’exécution », explique Karim Saadé, directeur général de Greenstone, qui affirme viser la “mention très bien” pour cette première certification BREEAM jamais réalisée au Liban.
Pour y parvenir, BREEAM a d’abord dépêché à Beyrouth un consultant, chargé de s’assurer de la comptabilité de sa norme avec la réalité libanaise et l’adapter si nécessaire. « BREEAM prend en compte des critères comme la gestion du chantier, la santé et le bien-être des résidents, l’énergie, le transport, l’eau, les déchets, la pollution… », poursuit Karim Saadé. Greenstone a dû ainsi recourir à des panneaux de bois usagés pour couler le béton et monter les murs extérieurs. « De prime abord, le réflexe aurait été d’acheter des bois neufs pour donner au béton un aspect plus lissé. » Parmi les autres requêtes : l’usage de panneaux solaires, le recyclage des eaux usées, la pose de double vitrage, le recours à des lampes LED ou fluorescentes… ou la création d’un parking à vélo ! Une exigence qui, au regard des pratiques locales ou de la topographie “montagneuse” de Yarzé, s’avère tout de même largement déconnectée de la réalité libanaise. « Nous avons dû obtenir de Sukleen une lettre dans laquelle le groupe de traitement des déchets assure desservir Yarzé et s’engage à recycler les ordures triées à La Brocéliande », ajoute le promoteur immobilier. Ces exigences induisent un surcoût, chiffré pour l’immeuble de Yarzé à 5-10 % supplémentaires. Greenstone affirme toutefois ne pas les avoir répercutés sur le prix de vente, annoncé à 4 000 dollars le m2 en moyenne, « soit dans la fourchette des tarifs pratiqués à Yarzé ». Cette décision, Karim Saadé assure l’avoir menée pour sensibiliser les Libanais à la construction “propre”. Le groupe s’apprête à réitérer son geste “écolo” lors de la construction du bâtiment L’Armonial à Beyrouth.