Vendredi 30 septembre, l’hebdomadaire francophone La Revue du Liban, fondé en 1928, a publié son ultime numéro, le 4334. C’est la dernière parution du groupe de Melhem Karam, Dar alf Leila wa Leila, à mettre la clé sous la porte cette année : al-Hawadess, magazine en arabe basé à Londres, avait fermé le premier début 2011 ; l’hebdomadaire en anglais Monday Morning et le quotidien arabophone Al-Bayrak, qui venait de fêter ses 100 ans, ont suivi en été.

La Revue du Liban et Style, trimestriel à thème, ont fermé le bal fin septembre.

Le groupe de presse est en difficulté depuis la mort de Melhem Karam le 22 mai 2010. Les trois enfants de l’ex-président de l’ordre des rédacteurs, héritiers du groupe à parts égales, ne sont pas parvenus à un accord : Karam Karam et sa sœur Carma, qui se sont installés à Paris, souhaitaient la fermeture immédiate de l’empire de leur père, Saër Karam voulait poursuivre les opérations. La presse nationale a beaucoup spéculé sur les raisons du litige entre les héritiers et a laissé entendre qu’en raison des lourdes charges financières des opérations, tout l’héritage de Melhem Karam aurait servi à rembourser les dettes du groupe.

Dans un communiqué de presse paru à la mi-septembre, Antoine Chidiac, rédacteur en chef adjoint du Bayrak, précisait que « depuis plus de dix mois, Carma Karam et Karam Karam ont cessé de payer les mensualités au personnel, ce qui a contraint Saër Karam d’acquitter de sa poche toutes les dépenses ». Une source proche du groupe affirme que Saër Karam ne pouvait même pas encaisser les revenus publicitaires des parutions, le compte étant commun aux héritiers. Antoine Chidiac affirme également que les rédacteurs, ouvriers et employés n’ont pas été indemnisés à la suite de leur licenciement qu’il qualifie d’arbitraire.

« Toutes les dispositions légales et juridiques ont été prises contre Carma Karam et son frère Karam Karam afin de récupérer les droits du personnel au plan des droits du licenciement, conformément aux lois en vigueur, en leur faisant assumer la responsabilité de l’arrêt (des parutions du groupe) », poursuit le communiqué.

Plus de 100 personnes à travers le monde sont concernées par la fermeture de Dar alf Leila wa Leila. Contacté par Le Commerce du Levant, Saër Karam n’a pas souhaité répondre à nos questions. De source proche de la famille, les trois héritiers se seraient mutuellement intentés divers procès.