Le spécialiste libanais des voyages Nakhal s’est associé avec une société turque, Deska Global, pour créer au Liban une société spécialisée dans l’investissement immobilier locatif sur la côte turque de Fethiyé.
 

Nakhal, qui a fêté ses 52 ans cette année, propose la côte turque dans ses destinations depuis 1992. La réputation de Bodrum, Kemer, Letoonia n’est plus à faire parmi les Libanais à la recherche de plages idylliques et de vie nocturne animée. « Durant la saison d’été, nous proposons des vols charter quotidiens à destination de Dalaman (l’aéroport de la région de Fethiyé, NDLR), il est de notre intérêt de promouvoir la région autant que possible pour pouvoir prolonger la saison », explique Élie Nakhal, PDG de l’agence éponyme, qui affirme y avoir transporté près de 10 000 touristes entre mai et septembre 2011.
Sa rencontre en 2009 avec Rammah Taan, directeur général international de Deska Global, est déterminante : l’agence turque cherche à développer les investissements locatifs dans la région de Fethiyé et, depuis 2009, les Libanais, qui n’ont pas besoin de visa pour se rendre en Turquie, ont également le droit d’y investir. Nakhal s’est associé à Deska Global pour créer au Liban une joint-venture spécialisée dans la vente d’immobilier à Fethiyé. 
Deska Global est, elle aussi, à l’origine une agence de voyages, fondée en 1989 par Kadir Oztürk et sa sœur Selda. À partir des années 2000, l’entreprise s’est diversifiée à la demande de ses clients dans la construction et la location résidentielle pour devenir un leader de l’investissement locatif dans cette partie de la Turquie. Sa base de clients touristiques lui permet de garantir un certain retour aux nouveaux propriétaires : « Nous proposons à des investisseurs d’acheter un appartement ou une villa, explique Rammah Taan, et leur offrons deux schémas : dans le premier cas, ils peuvent habiter chez eux deux semaines par an (une en été, une en hiver), nous nous chargeons de la location le reste du temps et nous leur garantissons un retour de 6 % par an ; dans le second cas, ils sont libres de la durée de leur séjour, nous nous occupons de la location quand ils n’y sont pas présents et nous leur versons environ 50 % de la valeur des loyers hebdomadaires. » Les 50 % restants servent à couvrir les coûts de nettoyage, les frais d’agence, les taxes (de 20 % en moyenne) et autres charges.
La formule, disponible pour les Européens depuis 2003, a rapidement trouvé preneur, notamment auprès des Anglais qui choisissent de passer leur retraite au soleil : on estime à 10 000 personnes la communauté anglaise vivant à Fethiyé, sur une population totale d’environ 300 000 âmes. Les Russes suivent en deuxième, puis les Allemands et les Belges. « Depuis quelque temps, de nouvelles nationalités ont commencé à investir dans la région et/ou à y venir en vacances, affirme Rammah Taan : Tchèques, Polonais, Chinois, Japonais... Certains tours opérateurs nous demandent d’établir des contrats de location sur 10 ans, afin de sécuriser les logements. »
Deska Global a terminé une cinquantaine de projets dans la région et sept projets sont en cours. Ce qui représente environ 2 500 lits, dont la moitié disponible à la location (le reste est soit habité en permanence, soit les propriétaires ne veulent pas louer). « En fonction du lieu, nos projets sont situés soit à proximité de la mer, soit à proximité de la rue principale qui héberge restaurants et bars », explique Rammah Taan. Un “country club” situé à 30 minutes de la (petite) station de ski de Seki et à 30 minutes de la plage est également en cours d’achèvement.

Des prix en croissance

Le prix d’entrée pour un investisseur est de 127 000 dollars pour un appartement de deux chambres ; les villas les plus luxueuses peuvent atteindre 440 000 dollars sur la plage de Calis. Il faut ajouter à ce prix l’ameublement de la maison, à partir de 5 000 dollars pour deux chambres, un service que Deska offre via divers packages. À la location, une villa de huit à douze lits coûte entre 1 500 et 2 500 dollars par semaine en été, la moitié en hiver. Un appartement de deux chambres revient à 650 dollars la semaine. « La location de ce genre d’habitations cible une catégorie très différente des hôtels et clubs, pour laquelle les critères de sélection sont le prix et la flexibilité », explique Élie Nakhal. Un nouveau public libanais s’est donc déplacé en Turquie cet été, composé essentiellement de familles avec enfants et de jeunes se déplaçant entre amis. Nakhal affirme avoir loué plus d’une centaine d’habitations sur toute la côte (y compris Bodrum et Marmaris) pour sa première saison.
En 2012, la loi turque devrait changer et l’accès à la propriété devrait être facilité pour les ressortissants des pays étrangers, notamment du Moyen-Orient. « Nous nous attendons à ce que cela donne un sérieux coup de pouce à l’investissement locatif », annonce Rammah Taan.
Le prix de la pierre, encore raisonnable, est sur une pente ascendante : entre 2006 et 2011, les prix des propriétés ont augmenté de 35 à 45 %, selon le directeur. Les prix à la location ont suivi dans plus ou moins la même marge. Et la loi turque exonère de taxes les profits de la revente d’habitations après cinq ans.
La région ne manque pas d’atouts : conscient de son potentiel touristique (près d’un million et demi de personnes ont visité la région l’année dernière sur les 30 millions de touristes qu’a accueillis la Turquie), le gouvernement turc a décidé d’investir dans des travaux d’infrastructure à grande échelle : construction ou élargissement de routes, réseau d’égouts, développement de marinas, construction d’un téléphérique, appel d’offres pour des centres commerciaux, etc. Le tout dans le respect de certaines normes permettant de préserver le cadre de la région : « Fethiyé est protégée, explique le maire de la ville Behçet Saatçi. Nous ne voulons pas d’un développement à l’espagnole, avec des kilomètres de plage transformés en kilomètres de béton. » Les immeubles ne peuvent pas dépasser trois étages, l’installation de panneaux solaires est fortement encouragée, le pourcentage de terrain disponible à la construction reste limité... Car la région reste principalement agricole, avant d’être touristique : c’est la culture de grenades, oranges, citrons, tomates, concombres ainsi que la pêche qui restent les plus grands contributeurs au PIB de la région, avant le tourisme.
Le pays quant à lui offre une certaine stabilité économique : la Turquie a connu une croissance du PIB de 9 % en 2010 et la livre turque, victime d’une inflation galopante par le passé, a été stabilisée en 2005.
 

La location d’appartements en vacances
Le concept, très répandu en Europe, mais moins connu au Moyen-Orient, est simple : des particuliers ou des sociétés propriétaires de logements les louent à la semaine ou au mois à des touristes demandeurs. Contrairement aux hôtels, les services sont réduits au minimum : le ménage est fait uniquement lors du départ des clients, il n’y a pas de “room service”, le client a le choix entre cuisiner à la maison, ou sortir au restaurant. Les prix sont bien entendu adaptés et ce genre de logements permet d’attirer une clientèle différente, pour qui le budget est un critère essentiel de choix.
 

 

Petit aperçu touristique de Fethiyé
Fethiyé, dans le sud de la Turquie, est accessible depuis le Liban en 1h20 de vol. Située au croisement de la mer Méditerranée et de la mer Égée, et surtout renommée pour ses plages – le Blue Lagoon figure sur toutes les brochures touristiques –, la région regorge de ruines de la civilisation lycienne, qui s’y est développée avant l’ère romaine. Elle abrite également le canyon de Saklikent, profond de 18 km, ainsi qu’une réserve naturelle d’oiseaux, Bird Paradise, où plus de 200 espèces ont trouvé refuge.