Bankdata Financial Services a rendu publique une étude portant sur les PME libanaises. Elle fait partie de son Market Monitoring Program, dont le lancement a été annoncé il y a quelques semaines en partenariat avec la Sofres-Liban. Le but de ce programme est de fournir des données ciblées et actualisées sur l’activité des entreprises libanaises.
L’échantillon retenu pour cette étude sur les PME couvre l’ensemble du territoire et tous les segments de l’économie nationale, de l’agriculture aux services bancaires. Elle s’emploie à dégager une dynamique générale du marché et un profil type de ces entreprises et de leurs clients. Elle précise aussi les principaux leviers de développement et les risques opérationnels rencontrés.
L’enquête réalisée auprès d’un échantillon de 3 000 entreprises au printemps 2011 confirme quelques tendances lourdes sur les PME libanaises, qui emploient aujourd’hui environ 320 000 personnes pour une production annuelle de 4,4 milliards de dollars. La grande majorité de ces entreprises sont familiales, indépendantes et situées dans la région du Mont-Liban (32,2 %) ou à Beyrouth (25,5 %). Elles opèrent en premier lieu dans le secteur du commerce, bien avant celui des services (43 % des PME contre 30 %). L’industrie ne concerne que 17 % d’entre elles et l’agriculture à peine 2 %. Leur activité est stable, puisque près de 80 % de ces entreprises existent depuis plus de cinq ans. Leur taille est assez variable, puisque plus de la moitié compte moins de 10 salariés, mais que les moyennes entreprises – entre 20 et 150 salariés – représentent 24,2 % des PME. Ainsi, près d’un quart des PME libanaises connaissent un chiffre d’affaires supérieur à 500 000 dollars par an, tout en étant très majoritairement non exportatrices (75,7 %).
Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte de croissance de l’activité et du chiffre d’affaires de deux tiers des PME. Ce dernier croît même à une vitesse supérieure à 10 % par an au sein d’une entreprise sur deux. Mais de tels résultats peuvent-ils être structurels, quand seuls 12 % des sondés citent “l’investissement” comme leur première priorité, loin derrière la “rentabilité” (55 %) ? Les efforts semblent en effet concentrés sur l’augmentation des marges et la réduction des coûts de production, et non sur la recherche et le développement par exemple. La main-d’œuvre des PME est pourtant relativement qualifiée puisque 42 % détiennent un diplôme universitaire. Elle est aussi stable en nombre et en ancienneté : la moitié des employés des PME libanaises travaillent dans l’entreprise depuis plus de trois ans.
Ces résultats s’expliquent probablement par une bonne gestion des risques opérationnels. La clientèle des PME est mixte (B2B* et B2C*) dans 50 % des cas, mais 58,7 % des clients restent des particuliers. A contrario, peu nombreuses sont les petites et moyennes entreprises qui traitent (12,2 %) avec les grands groupes privés, et très peu nombreuses (6,8 %) avec les entreprises publiques.
Dans tous les cas, les délais de paiement sont plutôt satisfaisants, puisque 60 % des entreprises concernées déclarent être payées sous 30 jours. Toutefois, s’ils se félicitent du contrôle de la qualité et du niveau des prix, les sondés rappellent certains obstacles à leur activité, comme le niveau de leurs coûts. Trois facteurs exogènes sont aussi envisagés comme des freins : la conjoncture économique pour plus de deux tiers des PME, la réglementation administrative et fiscale, l’accès à l’information et aux sources d’approvisionnement.

(*) Business to Business et Business to Consumer.