La coopérative des Coteaux d’Héliopolis (Aïnata) est en cours de certification FLO-Cert, un organisme de certification et de contrôle dédié aux producteurs issus du commerce équitable. Héliopolis a, par ailleurs, finalisé la certification "raisins de culture biologique", délivrée par l'institut de certification méditerranéenne IMC.

« Nous avons besoin de réaliser quelques ajustements mineurs pour être en parfaite conformité », explique le président de la coopérative Sami Rahmé qui espère la labellisation définitive dans les prochains mois.

Cette certification « commerce équitable » va permettre à la coopérative d’intégrer les réseaux européens du commerce équitable. « Nous avons déjà des propositions de distribution qui émanent de pays comme la France, l’Angleterre ou la Belgique ».

Jusqu’à présent les Coteaux d’Héliopolis se concentraient sur la vente de leurs raisins : 600 à 700 tonnes étaient vendues chaque année à des caves libanaises, principalement à Ixsir depuis 2009.

La coopérative réservait cependant une à deux tonnes de raisins pour produire son propre vin de « manière artisanale ». Héliopolis n’ayant pas sa propre cave, ses coopérants vinifiaient à Château Khoury (Zahlé). « Maintenant que nous avons un réseau de distribution, nous pouvons envisager de fonder notre propre cave ».

Pour monter son outil productif, Héliopolis envisage la création d’une cave par étapes afin de minimiser le risque financier. D’après Sami Rahmé, la coopérative devra trouver un financement de l’ordre de 1 à 3 millions de dollars. Il espère pouvoir lever les fonds nécessaires auprès d'ONG. « Nous envisageons une cave par “modules” : Il faudra investir un million de dollars pour la phase un et jusqu’à trois millions de dollars pour la pleine puissance, en phase trois ».

La coopérative escompte dans un premier temps vendre 10 à 15.000 bouteilles de son Domaine des Cèdres (rouge et blanc) aux réseaux de commerce équitable.

La coopérative des Coteaux d’Héliopolis existe depuis 2000. Elle regroupe 250 coopérants, issus de 11 villages de la région de Deir el-Ahmar, aussi bien chrétiens que musulmans. Avec un projet commun : le remplacement de la culture de cannabis par la vigne afin d'aider les agriculteurs à mieux vivre et s'assurer un revenu légal.

Le projet a germé, en fait, dans la tête de deux hommes : Serge Carmantran, un coopérant français travaillant sur l’agriculture dans la région de Zahlé pour le compte du département de l’Oise, et le chirurgien Sami Rahmé, originaire de Aïnata, désireux de « faire quelque chose pour sa région ».

Lorsqu’un agriculteur demande à intégrer le programme de la coopérative, les 1500 premiers plants de vigne lui sont offerts. Les 1500 suivants lui sont octroyés sous la forme d’un prêt bonifié : le futur vigneron a dix ans pour les rembourser. Sans surprise, les cépages cultivés sont d’origine française : syrah, cabernet-sauvignon caladoc pour les rouges ; viogner pour les blancs.