Un haut responsable du Trésor américain, Daniel Glaser, a effectué début novembre une visite au Liban durant laquelle il a mis en garde Beyrouth contre le fait de recevoir des dépôts syriens, notamment de la part des responsables et hommes d’affaires syriens soumis à des sanctions américaines et européennes.
Glaser s’est entretenu à cet effet avec le Premier ministre Nagib Mikati ainsi qu’avec le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé et le président de l’Association des banques (ABL) Joseph Torbey.
Les États-Unis et l’Union européenne ont imposé des sanctions économiques à la Syrie depuis le début, en mars, des mouvements de contestation visant le régime de Bachar el-Assad, parmi lesquelles le gel des avoirs de certains responsables et hommes d’affaires syriens.
La Ligue arabe devrait leur emboîter le pas et prendre à son tour des mesures de rétorsions économiques, qui risquent de paralyser encore plus la Syrie, car la moitié de ses exportations et près d’un quart de ses importations se font avec les pays arabes.
C’est dans cette optique que Daniel Glaser a mis en relief lors de ses réunions avec les responsables libanais la position du Trésor américain qui ne voudrait pas voir le « Liban être la victime de l’instabilité économique et sécuritaire syrienne ».
Un communiqué de l’ambassade américaine a souligné par ailleurs la nécessité pour les banques libanaises d’adopter « un mode de fonctionnement transparent et de se soumettre aux lois financières internationales ». Une position voulue aussi par Londres, qui a fait savoir qu’elle souhaitait que l’économie libanaise prenne de la distance par rapport à celle du voisin syrien.
Mais les responsables libanais se sont voulus rassurants. Le Premier ministre a assuré que le secteur bancaire est le pilier de l’économie libanaise et « qu’aucun Libanais ne voudrait soumettre ce secteur à un danger éventuel ».
Le gouverneur de la BDL a, quant à lui, démenti les informations faisant état de transferts de fonds syriens illégaux vers les banques libanaises. Il a souligné dans une interview à la chaîne de télévision russe Russia Today TV que les banques n’avaient pas reçu de fonds illégaux et que d’ailleurs la croissance des dépôts était en baisse de 1,9 point par rapport à la même période de l’année précédente.
Même son de cloche du côté de l’ABL, qui a nié en bloc les rapports parus dans certains médias occidentaux sur le transfert d’une somme comprise entre 3 et 5 milliards de dollars vers les banques libanaises. Une source bancaire citée par le Daily Star a indiqué qu’il était presque impossible que des fonds rentrent dans les systèmes bancaire et financier libanais d’une manière illégale.
« Tout centime qui rentre dans notre système financier apparaît dans les résultats des banques. Il est impossible que des milliards de dollars rentrent sur le marché financier sans alerter la BDL », selon cette source.
Rappelons aussi que les actifs des sept banques libanaises opérant en Syrie ont chuté de 13 % depuis fin 2010 à 7,1 milliards de dollars fin septembre. Les prêts accordés par les banques ont totalisé 3 milliards de dollars, en baisse de 2 % par rapport à fin 2010. Les dépôts des clients ont quant à eux atteint 5,6 milliards de dollars, en chute de 21,3 % en neuf mois.
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