Le Moyen-Orient est prêt à être interconnecté : c’est ce qui ressort d’une conférence organisée le 23 novembre dernier à Beyrouth par le géant suédois des télécoms Ericsson autour du thème de l’interconnexion dans le monde.

Au Moyen-Orient, le taux de pénétration du téléphone portable est de 96 %, supérieur à la moyenne mondiale de 82 %. Le troisième trimestre 2011 a vu le nombre de nouvelles connexions mobiles augmenter de 3 %, soit 7,7 millions de connexions supplémentaires, pour arriver à 244 millions. C’est davantage que les croissances de l’Amérique du Nord et de l’Europe de l’Ouest combinées.
Or dans le monde, Ericsson estime que seuls 10 % des cinq milliards de téléphones portables sont des smartphones ; les abonnements à la donnée mobile (mobile broadband) s’élèvent à près de 900 millions. D’ici à 2016, le nombre de téléphones portables devrait atteindre neuf milliards et celui des abonnements à la donnée mobile cinq milliards. Ericsson estime qu’il y aura alors 50 milliards d’appareils connectés. C’est ce que la compagnie suédoise appelle « la société interconnectée », ou Networked Society en anglais. Le trafic mondial de donnée mobile ira donc en augmentant, tiré notamment par la vidéo : Ericsson s’attend à une croissance annuelle de 60 % d’ici à 2016.
Au Moyen-Orient, « les opérateurs de téléphonie mobile de la région sont en train de suivre ce changement de demande, avec les récents lancements de réseaux 4G/LTE (qui permettent un meilleur transfert des données, NDLR) », note Anders Lindblad, président de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord).
Mais Jawwad Abbassi, fondateur de Arab Advisors Group, explique cependant que la majorité des internautes de la région sont encore pénalisés par des connexions trop lentes : « Le consensus international est qu’en dessous de vitesses de 2 Mbps, ce n’est pas encore du haut débit ; or en Jordanie, par exemple, près de 60 % des utilisateurs ont des connexions inférieures à 1 Mbps. En raison de cela, peu de gens regardent la télévision ou écoutent la radio en ligne, mais ils lisent les nouvelles. » Ceci dit, la demande est là : 65,3 % des utilisateurs Internet en Arabie jouent en ligne à des jeux vidéo.
La demande est encore plus évidente sur les réseaux sociaux, où le Moyen-Orient a la particularité d’être très actif : selon Omar Christidis, fondateur d’ArabNet, quelque 36 000 personnes s’enregistrent chaque jour sur Facebook qui compte 27,7 millions d’utilisateurs dans le monde. Quelque 1,9 million d’utilisateurs actifs de Twitter ont produit 22,8 millions de tweets au 1er semestre 2011. Plus de la moitié (65 %) des internautes sont inscrits sur au moins quatre comptes de réseaux sociaux. Sur Facebook, 77 % d’entre eux ont aimé (like) une marque et 50 % ont reçu un service consommateur via Twitter.

En une heure dans le monde

- 685 millions de SMS sont envoyés
- 9 millions de tweets sont partagés.
- 128 millions de recherches Google sont lancées.
- 1,2 million d’applications mobiles sont downloadées.
- 2 880 heures de vidéos YouTube sont mises en ligne.
- 500 000 smartphones sont activés.

Source : Zaher Dawi, professeur de génie électrique à l’AUB.
Doubler la vitesse d’Internet permettrait d’augmenter le PIB libanais de 117 millions de dollars

Une étude réalisée par Ericsson,
le cabinet de conseil Arthur
D. Little et Chalmers University
of Technology estiment que doubler la vitesse d’Internet permettrait d’augmenter le PIB libanais
de 117 millions de dollars, soit
0,3 %. La multiplier par quatre
augmenterait le PIB de 0,6 %.
Pour Anders Lindblad, président d’Ericsson pour la région MENA, « ces chiffres témoignent que
nous évoluons d’une société de la communication à ce que nous appelons chez Ericsson une société interconnectée ». L’année précédente, dans une autre étude, Ericsson et Arthur D. Little avaient démontré que chaque augmentation de 10 % de la pénétration du haut débit engendrait une augmentation du PIB de 1 %. Ce qui rejoint une étude de la Banque mondiale de 2009 pour qui ce pourcentage était de 1,38 %.