Avec des exportations, qui atteignent désormais 90 % de sa production, Elcir semble avoir trouvé
sa propre réponse aux difficultés locales.
Les “Établissements libanais pour le commerce et l’industrie réunis” – plus connus sous le nom d’Elcir – peuvent toucher du bois. Face à un marché local difficile, ils ont tenu – et gagné – le pari de mener la plupart de leurs projets à l’étranger.
Depuis 1956, cette société familiale fondée par René Ingea, qui en reste l’actuel dirigeant avec l’aide de ses deux fils Jean-Marc et Paul, a su s’adapter à la conjoncture économique. Au départ spécialisée dans le meuble, l’entreprise s’est diversifiée jusqu’à couvrir aujourd’hui plus de 15 branches différentes de travaux de finition après le gros œuvre du bâtiment, pour les grands et petits chantiers.
Se plaçant plutôt dans le haut de gamme, Elcir offre ainsi une vaste palette de produits : portes, placards, cuisines, salles de bains et pergolas en bois ; meubles contemporains ou de “style” et meubles d’extérieur ; fenêtres, portes, stores et balustrades en aluminium et “stainless steel” ; revêtements de fenêtres tels que volets roulants, rideaux et tentures ; faux plafonds en bois, métal ou fibre...
Avec cette gamme, qui peut s’élargir à l’infini grâce à la fabrication et finition sur mesure, la société est aussi l’agent exclusif pour le Liban de nombreuses marques européennes et américaines comme Bautex, Jolly Motor, Bricard ou encore Kawneer.
200 portes par jour
Si la compagnie est en voie d’être certifiée ISO 9002, dans quelques mois, ce n’est pas une simple affaire de prestige. C’est que les marchés extérieurs sont très exigeants sur la qualité et les normes, et Elcir exporte sa production à 90 %. Vers les pays arabes, d’abord, comme l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite. Mais aussi vers la France ou les Caraïbes. Au rythme d’un conteneur de 40 pieds par semaine.
Avec un chiffre d’affaires de 10 millions $ par an, la société compte environ 250 employés. L’usine de fabrication est située à Mkallès, où la valeur de l’investissement en terrain et équipements atteint 1,5 million $. Avec des marges bénéficiaires réduites à 6 %, l’entreprise joue sur la compétitivité de son rapport qualité/prix pour gagner des marchés. Pour améliorer encore sa compétitivité, Elcir souhaite se mécaniser au maximum. Les techniciens travaillent sur autocad, et un fichier de modèles a été constitué sur ordinateur. Actuellement, environ 200 portes sont fabriquées par jour. Mais des investissements dans de nouvelles machines visant à augmenter la capacité de production sont prévus.
Voyage autour du monde
Elcir fournit l’assemblement sur le site pour les projets qu’elle sous-traite, mais elle possède également des magasins où elle présente ses divers produits. Ainsi, en plus d’un show-room de 15 000 m2 à Mkallès, elle compte deux points de vente à Achrafieh et à Kantari. De plus, elle dispose d’un bureau en Jordanie et, bientôt, d’un bureau en Égypte. «Mais la meilleure surface d’exposition que nous avons à présenter, ce sont nos chantiers. Et notre meilleure référence, c’est un client satisfait qui revient», commente Paul Ingea.
En effet, la société compte à son actif un palmarès impressionnant. Ses travaux recouvrent des projets aussi différents que la phase 2 de l’aéroport, Moawad Village à Broummana, les projets de Mzaar 2000 et de l’hôtel Holiday Inn-Martinez, pour ne citer que ceux-là.
À l’étranger, ce sont, entre autres, les hôtels Méridien du Caire, Movenpick et Marriott de Akaba, Marriott, Grand Hyatt et Four Seasons de Amman. Aux Caraïbes, des baies vitrées, des portes et des placards en bois ont été livrés pour des chambres d’hôtel... Être loin des marchés et parvenir à satisfaire la demande est un défi que relèvent tous les jours les responsables d’Elcir, contraints de ce fait à voyager sans cesse autour du monde.
Pour eux, malgré les difficultés conjoncturelles du pays, le marché local reste intéressant, dans la mesure où de très nombreux projets sont susceptibles d’y voir le jour... dès que les entrepreneurs auront, à nouveau, les moyens de les financer.


