À 32 ans à peine, Carole Issa aime le risque. Enseignante à Beyrouth à la Middle East Audio Suite, un centre de formation privé d’ingénieur de son, qu’elle a cofondé avec Jihad el-Murr, patron de la MTV, en 2006, elle vient de tout lâcher pour lancer sa start-up, dénommé BeyC. Et se focaliser sur le développement d’une application dénommée BeyC Audio for Everyone, qui doit aider ses utilisateurs à créer leur univers sonore. « BeyC, c’est bien sûr une allusion à Beirut City. Mais dans le monde musical, cela peut aussi se comprendre comme une allusion à bassy, le nom d'un son qui contient beaucoup de basses fréquences », prévient Carole Issa.
Créer une société, a fortiori une start-up technologique... Le risque est déjà élevé. Mais Carole Issa ne s'en est pas tenue là. Elle a choisi de relever un autre défi plus ambitieux encore : le mode de financement choisi. Son business plan s’appuie en effet sur Kickstarter, un site américain de crowd-funding (en français : finance participative), parmi les plus visités au monde. « Kickstarter facilite la mise en relation quasi directe d'entrepreneurs du monde des arts, à la recherche de financements, avec des « internautes » qui souhaitent aider des projets créatifs. »
Pour initier la première version iPhone et iPad de BeyC Audio for Everyone, Carole Issa a en effet besoin de 44 000 dollars. « BeyC va investir 20 000 dollars sur ses fonds propres. Avec KickStarter, nous nous adressons à tous pour une levée de fonds de 24 000 dollars supplémentaires. » À ce jour, BeyC Audio for Everyone a seulement levé 20 % de ces 24 000 dollars. « Il nous reste une semaine pour atteindre notre seuil. C'est une terrible course contre la montre. »
Pourtant BeyC a plusieurs atouts en main : c'est un produit original qui s'appuie sur l’expérience d’ingénieur du son et d’enseignante de Carole Issa. « Beaucoup des élèves qui suivaient mes cours à la Middle East Audio Suite le faisait par désir personnel et nullement pour devenir un ingénieur professionnel. De fait, ils recherchaient des cas concrets et pratiques pour s’initier à la musique, se perfectionner dans leur passe-temps favori... Mon application est une réponse à ce besoin. »
BeyC ne prévoit donc pas de vous apprendre à jouer du piano ou de vous servir d'une table de mixage. L'application propose en revanche des modules pour créer sa sonnerie de téléphone, la musique qui agrémentera la projection de l’album de mariage ou de la présentation business d’un projet professionnel… « Vidéo à l'appui, BeyC va vous apprendre à réaliser un exercice précis. »
Si Carole Issa ne parvient pas à convaincre d'autres membres de la communauté Kickstarter, elle se tournera alors vers des sources de financement plus traditionnelles. « Kickstarter est aussi un moyen de démontrer l’intérêt de notre projet. Et d’aller ensuite à la rencontre de business angels avec une première preuve de l’intérêt suscité par notre start-up. »
BeyC ne s’est fixé d’objectifs en termes de téléchargements. L’application sera toutefois payante « entre 5 et 6 dollars ». Des modules complémentaires viendront s’y greffer, apportant un revenu supplémentaire à la jeune start-up. « Nous prévoyons de développer des « utilitaires » c’est-à-dire des applications annexes comme, par exemple, un « métronome » à utiliser dans l'application-mère. Leur prix n’est pas fixé encore, mais ils seront moins onéreux. » La première version, en langue anglaise, devrait sortir d’ici à la fin de l’année 2012.


