De jeunes entrepreneurs venant de tout le monde arabe se sont réunis début juillet à Berytech, à Beyrouth, dans le cadre du Startup Weekend Beirut, organisé par The eClub, un groupe de soutien à l’entrepreneuriat formé à l’AUB. Le principe du week-end : chaque équipe doit développer un produit en 54h seulement, une belle occasion d’établir des contacts et de stimuler ses capacités d’innovation. Sur les quatre équipes primées, trois étaient entièrement libanaises.

1re place : AID
L’application développée par Dani Arnaout, Osama Brosh, Omar Turk et Nelly Ghossein mobilise la technologie des applications mobiles pour aider les personnes malentendantes à être autonomes. Grâce à AID, le téléphone prévient la personne, par des vibrations ou des notifications lumineuses, qu’un danger est imminent ou qu’un son familier vient d’être émis. « Imaginons qu’une personne malentendante traverse la rue et qu’une voiture arrive à toute vitesse : la voiture klaxonne et elle ne peut pas l’entendre ! Un autre est assis dans son salon, quelqu’un sonne à la porte : il ne l’entend pas non plus !, décrit Dani Arnaout. La solution la plus efficace n’est pas de fabriquer un nouvel accessoire, comme un bracelet, mais c’est de faire vibrer et clignoter le téléphone portable lorsqu’un bruit anormalement fort ou un son familier est reconnu. Voilà le principe d’AID. » Les membres de l’équipe, dont trois sont étudiants, se sont rencontrés au Startup Weekend Beirut. Après leur victoire, ils prévoient de commercialiser AID dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), puis ailleurs dans le monde. « Dans un premier temps, nous proposerons le produit aux ONG pour qu’il se diffuse et pour qu’il soit connu des milieux concernés, sans que nous ayons un dollar à investir. En fonction du succès de cette première étape, nous passerons à la commercialisation du produit, probablement par l’intermédiaire de philanthropes qui achèteront le produit pour le distribuer aux personnes malentendantes. » À terme, l’équipe prévoit de proposer une version gratuite à l’essai, tandis que la version complète pourra être débloquée grâce à un code payant.

2e place : Preso.ly
Preso.ly vise à offrir des services complémentaires à ceux existant déjà en matière de présentations (PowerPoint, etc.), comme SlideShare ou Prezi. Parmi les possibilités offertes par l’application : charger une présentation en scannant un code QR (code-barres) avec son mobile, visionner la présentation de n’importe quel navigateur Internet, la contrôler avec son téléphone, etc. Danny Chami, Derek Haddad et Eddie Chami, tous trois Libanais, travaillent encore à perfectionner le programme, son modèle économique et les façons de le commercialiser. « Nous avons l’intention d’aborder le marché libanais dans un premier temps, mais l’application a un potentiel international, ce qui pourrait nous amener à nous installer à l’étranger », explique Danny Chami.

3e place ex aequo : LivingBand
L’équipe qui a développé LivingBand n’est pas inconnue. Robert Mahfoud, Piotr Yordanov et Alaa Qutaich dirigent la société Anghami, qui commercialise une plate-forme de distribution de musique en ligne (streaming). Les trois Libanais, auxquels s’est ajouté Hady Seeman, sont restés dans le domaine de la musique en développant LivingBand, une application pour mobile qui permet de recréer des chansons connues entre amis en… secouant son téléphone. Chaque personne « joue » d’un instrument en agitant le téléphone en rythme pour reproduire la musique en question. « Au départ, nous souhaitions simplement participer au Weekend afin de rencontrer d’autres entrepreneurs. Puis nous avons eu l’idée de LivingBand et sommes entrés dans la compétition. » La société ne pense pas commercialiser l’application pour le moment, mais ce n’est pas totalement exclu.

3e place ex aequo : LingVee
Cette application pour mobile a été développée par la Libano-Palestinienne Bayan Bibi, le Jordanien Ata al-Qadi et l’Américain Keith Armstrong. LingVee permet d’apprendre à écrire l’arabe en dessinant les lettres sur l’écran du téléphone. L’application se veut ludique, afin d’inciter la personne à progresser, et offre la possibilité de suivre sa progression dans le temps.