Ludmilla Bitar a créé en 2011 Ideo Parfums, un cabinet de conseil marketing qui propose aux sociétés de créer leur identité olfactive. Ideo s’adresse aussi au grand public avec la création de plusieurs bougies et savons parfumés.
Ideo Parfums surfe sur une tendance récente du luxe : le marketing olfactif. Il s’agit de “parfums d’ambiances” pour encenser les bureaux, des bougies pour parfumer les chambres d’hôtel, des shampoings ou des savons pour personnaliser les produits d’hygiène corporelle offerts dans les palaces... C’est précisément ce qu’offre Ideo Parfums, fondé en 2011 à Beyrouth par Ludmilla Bitar, une “experte olfactive” qui a longtemps travaillé pour le compte de L’Oréal. « La création d’une odeur sur mesure permet d’exprimer la réalité d’une marque, son image et son positionnement. D’autres moyens existent : comme la création de compilations musicales – ce qui a fait la renommée de l’hôtel Costes par exemple. On peut aussi travailler le design, la “mise en lumière” d’un lieu… », explique Ludmilla Bitar. Mais la création d’un univers olfactif apporte, selon elle, un supplément d’âme qui permet de se différencier. « Avec le monde des odeurs, on est davantage dans le souvenir, l’attachement et la fidélisation. La mémoire des odeurs est comme celle des saveurs : elle attire ou révulse, mais ne laisse jamais indifférent. Mon objectif est de créer un lien ou une mémoire olfactive entre la marque et son client. En créant du lien, on fidélise ses clients », assure-t-elle.
Et de citer une enquête, datée de 2005 : « En “milieu parfumé”, 84 % des clients déclarent leur intention de revenir, contre seulement 78 % en “milieu non parfumé”. Par ailleurs, les consommateurs resteront 10 à 15 % plus longtemps sur un point de vente qui diffuse des odeurs – à bon escient. »
Les entreprises libanaises semblent pourtant encore rétives à cette nouvelle tendance : aucune n’a encore fait appel à Ideo Parfums qui a, en revanche, signé avec des hôtels des pays du Golfe ou du Maghreb. Chaque prestation prend trois à quatre mois pour aboutir et se négocie à partir de 8 000 dollars.
Pour compléter son offre, Ludmilla Bitar vient de créer une gamme de produits à destination des particuliers : trois bougies et trois savons parfumés. La créatrice espère assurer ainsi 10 à 15 % des revenus de son entreprise. « En Europe, c’est un véritable phénomène. » Toutes les grandes marques de cosmétiques, certaines stars voire des boutiques comme Colette (Paris) ont développé “leurs bougies” pour embaumer l’intérieur des maisons de leurs aficionados. « Ce secteur figure parmi les plus rentables : sur les parfums alcooliques, les marges atteignent jusqu’à 90 % du prix de vente ; sur d’autres produits, 50 %. »
Fabriquées à la main dans les ateliers de Grasse (France), les bougies Ideo Parfums sont écologiques grâce à l’utilisation de cires naturelles. « Je n’ai pas trouvé les savoir-faire requis au Liban. Il fallait que la cire se consume de façon étale et régulière, sans former de cratère, et permette une combustion complète du produit contenu dans le verre : un détail qui signe la qualité. » Pour l’heure, trois senteurs sont en vente dans quelques boutiques de Beyrouth : Pink Folia (une déclinaison florale autour des roses du monde) ; Miss Gaufrette (cerise amaretto et senteurs de gaufre à la vanille) et Volubile (des notes d’agrumes associés à une pointe de fleur d’oranger). Il faut compter 49 dollars pour une bougie (40 heures de durée de vie) et 6 dollars pour l’achat d’un savon parfumé. À titre de comparaison, les concurrents comme Diptyques (chez Aïshti) se vend à 66 dollars ; Cire Trudon (chez Ginette) à 70 dollars. « J’ai fait fabriquer 500 bougies et 1 000 savons pour chaque senteur : ma volonté est aussi de réaliser des éditions limitées. »


