Dans son évaluation souveraine annuelle pour le Liban, Moody’s a attribué une note de B1 aux taux d’obligation du gouvernement, reflétant les prévisions de croissance du pays à la baisse, le haut niveau d’endettement de l’État et la persistance des déficits courants et budgétaires.

Cependant, l’agence internationale a souligné que cette notation était soutenue par un système bancaire solide ainsi que d’importantes réserves en liquidités.

L’agence a en outre précisé que cette méthodologie de notation était basée sur le classement des pays en fonction de quatre indicateurs que sont la performance économique, la qualité du cadre institutionnel, l’efficacité de la gestion des finances publiques et la vulnérabilité du pays au risque.

Moody’s a ainsi qualifié la performance économique libanaise de « modérée », reflétant la petite taille du pays, les revenus par habitant et la fragilité du cadre économique. Parmi d’autres pays ayant reçu la même notation que le Liban figurent l’Égypte, la Turquie, la Lituanie et le Costa Rica. Selon l’agence de notation internationale, « l’économie libanaise a un potentiel de croissance significatif, mais demeure trop vulnérable aux chocs politiques ».

L’agence a souligné que l’économie libanaise reposait largement sur son système financier, lequel représente 33% du PIB, sur son secteur touristique et sur les transferts de fonds des émigrés. Moody’s a en outre estimé que l’économie libanaise doit faire face à de nombreuses faiblesses structurelles, principalement en ce qui concerne les infrastructures du pays, le manque d’investissement et de gestion dans ce domaine. L’agence a ajouté que les dépenses du gouvernement en capital se maintiennent à un niveau « très faible », de l’ordre de 4% du PIB, le service de la dette accaparant à lui seul environ 41% des recettes publiques.

Par ailleurs, Moody’s a indiqué que l’économie libanaise continuait à pâtir d’importantes pénuries en matière énergétique dues au manque d’investissement à long terme dans ce secteur. En parallèle, l’agence a mis en exergue l’importance du secteur financier libanais avec des actifs équivalents à 354% du PIB à la fin de l’année de 2011, secteur qui demeure relativement résistant aux développements géopolitiques.

En revanche, l’agence a qualifié de « faible » la qualité du cadre institutionnel libanais, à l’instar de l’Égypte, de Chypre, de l’Albanie ou encore des Philippines. Cette catégorie évalue la capacité et la volonté d’un gouvernement à mettre en place des mesures qui soutiennent le financement de la dette. L’agence de notation a en outre souligné la succession de différents gouvernements ayant entravé la mise en place de réformes structurelles, comme celle d’Électricité du Liban (EDL) et la privatisation des réseaux de téléphonie mobile, entre autres.

Parallèlement, Moody’s a qualifié de « faible » la gestion des finances publiques, soulignant l’importance du fardeau de la dette combinée à d’importants déficits. Parmi les pays ayant obtenu la même évaluation que le Liban dans cette catégorie, l’agence cite l’Égypte et l’Espagne. Toujours selon les mêmes sources, le Liban a affiché un ratio dette/PIB à hauteur de 126% à la fin de l’année de 2011. Moody’s a ajouté que les difficultés financières d’EDL pesaient lourdement sur les recettes de l’État et ses dépenses.
Enfin, l’agence de notation a classé comme « très élevée » la vulnérabilité du pays au risque, à l’instar de celle de la Bosnie-Herzégovine. Cette catégorie évalue la vulnérabilité des pays aux chocs qui pourraient avoir des conséquences sur leur solvabilité. Moody’s a estimé à cet égard que le Liban était très sensible aux risques dans un environnement politique interne et régional instable.