France Télécom veut faire d’Orange, acquis pour 40,3 milliards d’euros auprès de Vodafone, une marque globale dans la téléphonie mobile en Europe sans exclure une présence aux États-Unis.
L’acquisition permet au groupe français de prendre pied en Grande-Bretagne, le deuxième marché européen des télécommunications, et de se constituer une base de clientèle de plus de 20 millions de clients, avec pour objectif d’atteindre 30 millions fin 2000.
Le PDG de France Télécom, Michel Bon, a déclaré que son objectif prioritaire était désormais l’Allemagne, où son groupe est associé à la société de services MobilCom, suivi de l’Espagne.
Hans Snook, PDG d’Orange qui va prendre la direction de la nouvelle entité baptisée “New Orange” et regroupant l’ensemble des activités mobiles des deux groupes, a précisé à Londres qu’il se concentrerait sur l’Europe, mais qu’il regarderait la possibilité de s’implanter aux États-Unis, où des licences large bande doivent être attribuées en septembre prochain.
Le nouveau groupe se pose ainsi en principal rival de Vodafone, le numéro un européen, et disposera, grâce aux fonds apportés par France Télécom, de moyens financiers importants pour tenter d’obtenir des licences UMTS (téléphonie mobile de troisième génération) dans les principaux pays européens.
France Télécom doit verser à Vodafone, propriétaire d’Orange depuis son OPE réussie sur le conglomérat allemand Mannesmann, 22,2 milliards d’euros en numéraire et 18,2 milliards sous forme d’actions à émettre. Le géant britannique détiendra ainsi un peu moins de 10 % du capital (sans toutefois droit de vote) de France Télécom, tandis que la participation de l’État français tombera de 61 % à environ 54 % (bien au-dessus de la limite légale de 50,1 %) en tenant compte des titres convertibles.