Depuis janvier, la Banque du Liban aide à financer des prêts à l’écoconstruction pour les banques volontaires avec l’aide technique du Centre libanais pour l’économie d’énergie (LCEC) et financière de l’Union européenne et du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement).
Les prêts “verts” proposés par les banques libanaises concernent la construction ou la rénovation de bâtiments avec le but de consommer moins d’énergie, par exemple l’installation de panneaux solaires. Ces prêts s’adressent aux promoteurs immobiliers, aux PME (petites et moyennes entreprises), aux grandes organisations et aux particuliers qui seraient intéressés par la réduction des coûts énergétiques.
Cette initiative a été lancée en 2009 au travers du programme national NEEREA (Action nationale pour l’efficacité énergétique et le renouvellement de l’énergie). Le LCEC a vu le jour en 2002 dans les bureaux du ministère de l’Énergie et de l’Eau pour un projet en coordination avec le Pnud de sept ans et est devenu un organisme indépendant en 2010. « Notre rôle est d’animer la transition énergétique », explique Pierre el-Khoury, chef de projet du LCEC.
Après quatre ans de tentatives infructueuses, les efforts commencent à porter leurs fruits. En 2009, la Banque du Liban avait édicté la circulaire 197 sur les prêts environnementaux dédiés au développement d’espaces verts, « une initiative pionnière mais pas claire », décrit Pierre el-Khoury. En parallèle, des discussions menées avec le LCEC aboutissent en 2010 à la circulaire 236, qui divise les prêts en deux catégories, l’environnement et l’efficacité énergétique, ce qui comprend l’écoconstruction. Afin de motiver les banques, la circulaire 236 libère les réserves obligatoires de chaque banque (15 % de leurs ressources de départ) à la Banque du Liban afin de financer à 50 % ces prêts “verts”. « Les banques ont très vite épuisé leurs réserves et le programme n’a pas tenu », raconte le chef de projet. « En considérant les risques sécuritaires et économiques au Liban, les investisseurs craignaient de mettre de l’argent dans des projets coûteux, pour lesquels il fallait des ingénieurs et dont le retour sur investissement peut être long, et les banques préféraient vendre des produits plus simples », ajoute Waël Hamdan. En janvier dernier, c’est la circulaire 313 qui change la situation et donne un avenir à l’écoconstruction libanaise.
Elle propose aux banques partenaires des prêts aux taux proches de 0 % (en moyenne 0,6 %), que les banques répercutent sur leurs clients sous la forme de prêts à taux de 2 à 3 %, contre 6 à 7 % habituellement, et qu’ils remboursent jusqu’à 25 ans selon les termes de leur accord. Quand il s’agit de PME, l’Union européenne offre 15 % de la valeur du prêt à l’investisseur à la fin de la signature du contrat avec la banque, ce qui ramène le prêt à 0 %. Dans ce cadre, le LCEC a un rôle de consultant et d’apport technique en mettant à la disposition des investisseurs deux ingénieurs spécialisés, que la Banque du Liban finance à hauteur de 50 000 dollars par an. La Banque du Liban a alloué en janvier 90 millions de dollars à l’écoconstruction, mais en mars, la somme a été réévaluée à 135 millions de dollars en raison du succès du prêt (34 projets acceptés en moins de trois mois). Cette somme pourrait encore augmenter de 130 millions de dollars avec la signature d’un accord entre la Banque du Liban, la Banque européenne pour l’investissement (50 millions de dollars) et l’Agence française du développement (80 millions de dollars) pour un projet de quinze ans visant à financer le développement technologique des énergies propres au Liban. Cette décision doit être ratifiée au Parlement d’ici à la fin de l’année 2013.