L’enlèvement le 09 août de deux ressortissants turcs, employés de la Turkish Airlines, a entraîné la fermeture du Bureau de représentation commerciale et du Centre culturel turcs à Beyrouth par « mesure de sécurité », selon l'ambassadeur Inan Ozyildiz.Les deux pilotes ont été enlevés sur la route de l’aéroport international Rafic Hariri.
L’action a été revendiquée par un groupuscule inconnu, Zuwar al-Imam Ali al-Rida, qui entend ainsi « faire pression sur Ankara et accélérer la libération des neufs derniers otages libanais », toujours vraisemblablement détenus par les rebelles syriens, que soutient la Turquie.
« Les deux pays mettent tout en oeuvre pour éviter que cet incident ne se transforme en crise », ont affirmé les autorités libanaises. De son côté, l'ambassadeur turc a salué « les efforts mis en place par le gouvernement libanais pour protéger les intérêts turcs dans Beyrouth. »
Pour Michel Naufal, spécialiste de la Turquie, une détérioration des relations économiques entre les deux pays, suite à cet incident, n'est guère à craindre.
« Le Turquie a trop à perdre : le Liban représente désormais un débouché important pour son économie», assure le spécialiste.
Entre 2010 et 2011, les importations turques à destination du Liban ont augmenté de 22,8 %, à 840 millions de dollars. Les exportations libanaises vers la Turquie ont elles aussi connu une hausse de 19,4% à 276 millions de dollars.
L'année suivante, entre 2011 et 2012, les importations turques à destination du Liban ont augmenté de 15 %, à 966 millions de dollars. En revanche, les exportations libanaises vers la Turquie ont elles, connu une baisse de 36,5% à 175 millions de dollars (source : douanes).
Si l'incident ne devrait pas avoir des conséquences sur les relations économiques entre les deux pays, les tensions existent cependant depuis plusieurs mois déjà : Turkish Airlines avait déjà renforcé ses mesures de sécurité en mai dernier.
La compagnie aérienne avait déplacé ses bureaux du centre-ville de Beyrouth à l’aéroport international Rafic Hariri, estimant ainsi mieux protéger son personnel.


