Finies les indications peu claires, les adresses à rallonge et le temps perdu à s’égarer dans les rues. Le Liban devrait bientôt être doté d’un système d’adresses sur l’ensemble de son territoire.
Le Conseil des ministres a approuvé en février 2013 le projet de création d’adresses standardisées confié au ministère des Télécommunications sur la base d’une étude réalisée par un comité composé des ministères des Télécommunications, de l’Intérieur et de la Défense, de LibanPost, de la direction des affaires géographiques de l’armée, et des entreprises privées GIS Transport et Navleb.
C’est Navleb qui a offert au gouvernement la base du standard du système d’adresses, inspiré du système américain, et le comité l’a enrichi du code de LibanPost. Pour être totalement validé, ce standard doit encore être approuvé par la direction des postes du ministère des Télécoms. Il prévoit d’attribuer un numéro à chaque rue ainsi qu’à chaque immeuble. Les municipalités auront un code postal à cinq chiffres : les deux premiers correspondant au caza, les trois derniers à la municipalité.
Le ministère des Télécommunications a été chargé d’établir la carte officielle des adresses au Liban à partir de ce système et d’un relevé sur le terrain des bâtiments et des rues, et prépare pour cela un appel d’offres. Le coût de cette phase du projet qui dotera le Liban d’une carte globale est estimé à environ trois millions de dollars. Il appartiendra ensuite aux municipalités de financer la signalisation des rues et des numéros d’immeubles dans leur zone de compétence, explique le conseiller du ministre des Télécoms, Firas Abi Nassif, selon qui les municipalités auront l’obligation de procéder à l’installation de la signalétique.
Les municipalités auront aussi la latitude de choisir les noms de rues qu’elles souhaitent, moyennant leur approbation par le ministère de l’Intérieur. « Mais la plupart sont pour l’instant réticentes à le faire, pour des raisons politiques, explique Joseph Hage, directeur général de Navleb. Car le héros des uns n’est pas forcément celui des autres. »
Firas Abi Nassif espère que d’ici « sept à huit mois », une carte complète du territoire libanais sera prête. Mais à défaut de gouvernement de plein droit, le calendrier risque d’être plus long.
C’est pourquoi Navleb, une société installée au Liban depuis 2008, a déjà démarché une vingtaine de municipalités pour qu’elles lui confient la réalisation de la cartographie précise des rues et des immeubles sur le territoire qu’elles couvrent. Le ministère précise que le standard préconisé par le comité technique est disponible pour toute entreprise du secteur privé qui voudrait démarcher aussi les municipalités, même s’il n’est pas encore entièrement validé. Parmi les premières municipalités à avoir passé le pas : Beit-Méry, Bickfaya et un secteur de Jounié sur les quatre que compte la ville. Hazmié, où sont installés les bureaux de Navleb, une entreprise spécialisée dans la géolocalisation, la cartographie et la navigation GPS, est désormais dotée de panneaux indicateurs de numéros et dans certains cas des noms de rues, et d’un code postal unique. Joseph Hage n’a pas souhaité cependant préciser le montant des contrats signés.
Les nouvelles adresses faciliteront de nombreux services, notamment la distribution du courrier par LibanPost ou encore la collecte des taxes et des factures. Joseph Hage explique aussi qu’elles aideront les services d’urgence qui gagneront un temps précieux en sachant exactement où se rendre. « Nous allons gagner en productivité, ajoute de son côté Firas Abi Nassif. Ce n’est plus possible pour un pays de ne pas avoir de système d’adresse au XXIe siècle. »