La société libanaise Al Rifai, spécialisée dans la production de noix, cacahuètes, pistaches et amandes, relocalise sa production dans une nouvelle usine à Halate, au nord de Jounié.

La compagnie libanaise Al Rifai délocalise son activité dans une nouvelle usine de 25 000 m² à Halate afin « de centraliser, de consolider et d’augmenter la production », explique Moussa al-Rifaï, directeur général du groupe. Elle sera opérationnelle dès décembre 2013. L’investissement pour cette usine a coûté 25 millions de dollars, payés intégralement par Al Rifai International Holding (ARIH) par l’intermédiaire d’un prêt subsidiaire de la Banque centrale et le Crédit libanais. Le groupe n’a pas communiqué d’informations concernant le retour sur investissement. Il affiche un chiffre d’affaires de 200 millions de dollars.
L’usine actuelle d’Al Rifai compte 3 000 m² à la corniche al-Mazraa et cessera d’opérer progressivement. Cela provoquera aussi la fermeture de l’usine présente au Koweït depuis 1997, après la fin de la joint-venture libano-koweïtienne avec le vice-président du groupe al-Homaizi, Saleh Homaizi, dont les raisons n’ont pas été communiquées. L’usine de Halate viendra compléter l’installation industrielle de 10 000 m² en Suède, qui produit des graines et des cacahuètes de toutes sortes, exclusivement dédiées au marché européen. Celui-ci représente 30 % du chiffre d’affaires global, tandis que la nouvelle usine de Halate reprendra les activités de commerce régional et d’export, ainsi que la production de noix, confiseries et chocolats déjà réalisée à une moindre mesure dans l’usine de Mazraa.
Al Rifai possède 60 magasins au Liban et 300 dans la région MENA. Le groupe exporte aussi dans plus de 48 pays dont les États-Unis, le Canada, le Mexique, l’Australie, la Chine et l’Europe continentale (Scandinavie, Allemagne, Grèce et Chypre) au travers de l’usine suédoise.
« Cette nouvelle usine est une étape essentielle pour accompagner la croissance potentielle de notre affaire, raconte Moussa al-Rifaï. Après avoir étudié de nombreux emplacements au Liban, Halate s’est révélée la zone la plus compatible et stratégique au regard des lieux où se trouvent nos magasins et nos réseaux de distribution. » Le but d’Al Rifai est d’investir de nouveaux marchés, de développer les marchés existants, de renforcer les canaux de distribution et de lancer de nouveaux produits et marques. « Afin de nous adapter aux nouvelles tendances, nous commençons à vendre dans les chaînes de supermarchés et à des distributeurs externes », ajoute-t-il.
Avec cette usine, le groupe Al Rifai amorce aussi un tournant technologique. « Nous allons utiliser les dernières technologies en matière de rôtissage à sec et d’enrobage, tout en exploitant les bénéfices naturels des matières à l’état brut », décrit le directeur général. L’usine sera équipée de deux laboratoires et d’un centre en recherche et développement afin de produire de nouveaux produits, notamment à base de fruits secs. En partenariat avec l’installation suédoise, Al Rifai va modifier le packaging, le design et les processus de production de ses produits « pour plus de qualité », justifie Moussa al-Rifaï. Ainsi, sur les soixante employés de cette nouvelle usine, il y aura plus d’ingénieurs et de contrôleurs de processus que d’ouvriers, et tous seront des Libanais, rémunérés entre le salaire minimum et le salaire d’un manager de site.
La grande nouveauté technologique réside dans l’implantation de techniques de préservation d’énergie respectant les standards de l’ISO:22000, comme l’installation de panneaux solaires pour chauffer l’eau, l’utilisation au maximum de la lumière naturelle et le placement des chambres froides en sous-sol. Pour les produits eux-mêmes, Al Rifai va se baser sur les standards internationaux tels que le certificat BRC et la quatrième version de l’International Food Safety (IFS).