C’est l’histoire d’un Libanais amoureux de son pays, que la guerre a poussé à partir et qui s’est retrouvé en Andalousie. Gabriel Massoud est depuis 25 ans très actif sur le marché immobilier espagnol. C’est en tant qu’avocat à Beyrouth pendant 12 ans auprès de Michel Eddé, puis auprès de la compagnie d’assurances Libano-Suisse détenue par Pierre Sehnaoui que Gabriel Massoud avait débuté sa carrière. En 1975 cependant, il fuit Beyrouth, direction Paris, puis Chypre où il dirige la Libano-Suisse, transférée dans l’île à l’abri des bombes. Six mois après son arrivée à Limassol, il décide de mettre les voiles vers l’Europe, en compagnie de son ami Pierre Sehnaoui.À Paris, ils réunissent un tour de table et rachètent la GFA, 17e compagnie française privée d’assurances. Mais la mort soudaine de son partenaire le contraint à poursuivre l’aventure seul. Dix ans après son acquisition, Gabriel Massoud revend la GFA, réalisant une très belle plus-value.
Reproduire un échantillon du Liban en Europe
L’assureur s’envole pour Marbella, en Espagne, où il avait déjà fait construire en 1982 avec ses frères l’hôtel Coral Beach. Gabriel Massoud dit aimer l’Andalousie, qui est « pratiquement un prolongement de la façon de vivre du Liban sans ses inconvénients ! ».
En 1992, il y achète une plage de 4 kilomètres de long et un kilomètre de large à Algésiras, désirant y construire un port ainsi qu’un village-vacances. Finalement, le chantier ne débutera pas, la parcelle étant classée entre-temps parc naturel.
Pour autant, cette initiative avortée n’arrête pas le promoteur libanais. Son projet le plus ambitieux date de 1987 : un complexe immobilier de luxe s’étendant sur 3 millions de mètres carrés baptisé La Mairena. Quelque 250 appartements et une vingtaine de villas, répartis sur les versants de Marbella, Ojen et Mijas. Gabriel Massoud a investi 15 millions d’euros pour acquérir les deux premiers millions de mètres carrés. Depuis, le montant des ventes de villas a oscillé entre 8 et 15 millions d’euros chaque année, contre un à deux millions d’euros par an actuellement, crise oblige. L’homme d’affaires explique que « l’écoulement des biens construits n’est pas régulier. Il se fait par cycles de quatre à cinq ans ». Loin de se retirer du marché espagnol, Gabriel Massoud se montre actuellement juste un peu plus prudent sur ce marché.
Amoureux de la nature, il a planté plus de 8 000 oliviers sur 1 200 000 mètres carrés à une centaine de kilomètres de Marbella pour y produire sa propre huile d’olive bio. Un terrain acquis pour 3 millions d’euros et une quantité produite qui ne cesse d’augmenter : « Nous produisons actuellement 1 500 litres par an, mais nous produirons 8 000 litres annuels d’ici trois à quatre ans. » L’huile d’olive produite traverse ensuite l’Atlantique, direction Long Island aux États-Unis, où son frère la commercialise.
Prévoyant l’arrivée de la crise immobilière de 2007 en Espagne, Gabriel Massoud a « compensé le tassement du marché espagnol » en acquérant plusieurs terrains supplémentaires et en construisant deux villas qu’il conserve pour y habiter avec sa famille à Beit-Méry et à Faqra.
Considérant aujourd’hui ses investissements comme “un jeu” et transmettant peu à peu le flambeau à son fils Nadim, Gabriel Massoud se dit optimiste pour l’avenir du marché immobilier en Espagne. « Vous verrez, dit-il, l’Espagne deviendra la Californie de l’Europe… »


