Dans un rapport publié au cours de l’été, le programme The Assessment Capacities Project met en garde contre les dangers économiques et sociaux qui menacent le Liban en raison de la crise syrienne.
Le scénario d’un effondrement de l’économie libanaise n’est pas exclu dans les six prochains mois, selon un récent rapport publié par le programme ACAPS intitulé “Where is Lebanon Heading Now”. Alors que le Liban accueille officiellement plus d’un million de réfugiés, l’ACAPS souhaite interpeler les décideurs sur les conséquences à court terme de cette crise, tant du point de vue économique que social ou sécuritaire. Le rapport propose cinq scénarios dont les hypothèses sont classées selon des niveaux de probabilité plus ou moins élevés, de l’effondrement de l’économie jugé possible, à un accroissement possible de l’activisme des groupes armés, en passant par une baisse probable des aides internationales consacrées aux réfugiés à défaut de financements ; ou encore l’exacerbation jugée très probable des tensions sociales. Selon le rapport, seule l’union nationale évoquée avec une probabilité très faible dans un cinquième scénario pourrait sortir le pays de la crise.
Le rapport aborde dès les premières lignes le ralentissement de l’économie avec un produit intérieur brut qui est passé d’une croissance de 9 % à seulement 2 % de 2010 à 2014. Pour Sami Nader, professeur en relations internationales à l’Université Saint-Joseph, le risque le plus inquiétant énoncé dans le premier scénario de l’ACAPS est lié à la pression sur les finances publiques qui pourrait mener le Liban à un défaut de paiement de sa dette. « En 2009, la croissance permettait d’absorber le poids de la dette. Aujourd’hui, le ratio entre la dette et le PIB est de 145 %, c’est devenu impossible », estime Sami Nader. Selon lui l’absence de réponse gouvernementale adaptée et son incapacité à maîtriser les dépenses publiques ne fait qu’aggraver les tensions sociales.
D’autant que le poids démographique des réfugiés devrait continuer de s’accentuer dans les prochains mois. Le rapport prévoit que le pays atteindra le seuil de 1,5 million de réfugiés officiellement enregistrés d’ici à la fin de l’année avec pour conséquence une charge supplémentaire sur les infrastructures du pays et une pression sur la cohésion sociale, tout en reconnaissant un aspect positif : celle des flux d’argent suscités par cette population qui dépense pour vivre quotidiennement sur le sol libanais grâce à l’aide des organisations internationales. Jad Chaaban, professeur d’économie à l’Université américaine de Beyrouth, partage ce constat, ajoutant que le poids démographique de cette population aura des effets à long terme sur les infrastructures et sur l’environnement, et ce même en cas de départ des réfugiés. Il cite l’exemple de l’absence de plan pour la gestion des déchets dont le poids a explosé. Le chercheur met parallèlement l’accent sur une hypothèse peu évoquée dans le rapport : « La possibilité d’un retour massif d’une partie des réfugiés en Syrie en cas de forte baisse des aides internationales. » Cela aurait pour conséquence, selon lui, d’alléger le poids démographique qui pèse sur le Liban, mais pourrait entraîner une baisse de l’activité économique – un “choc du retour” – du fait de la part importante de réfugiés payant un loyer, consommant ou travaillant sur place.
Sans donner de solution, l’objectif étant surtout d’informer, d’anticiper et d’interpeler les décideurs, le cinquième scénario intitulé “Améliorer la coordination entre les factions politiques vers une stabilisation” évoque la possibilité d’une union nationale entre les différents partis libanais pour venir à bout des défis auxquels le pays fait face. Un scénario auquel les analystes assignent néanmoins une faible probabilité.
Il s’agit du premier rapport sur le Liban publié dans le cadre du programme Syria Needs Analysis Project qui a pour but de donner des éléments de compréhension et de prospective aux organisations et aux institutions qui travaillent au jour le jour sur la crise syrienne face au manque d’informations concernant la Syrie ou les pays limitrophes. Basé en Suisse avec un bureau régional au Liban, le programme ACAPS a été lancé il y a deux ans et est financé par un groupement d’ONG internationales.
Le rapport aborde dès les premières lignes le ralentissement de l’économie avec un produit intérieur brut qui est passé d’une croissance de 9 % à seulement 2 % de 2010 à 2014. Pour Sami Nader, professeur en relations internationales à l’Université Saint-Joseph, le risque le plus inquiétant énoncé dans le premier scénario de l’ACAPS est lié à la pression sur les finances publiques qui pourrait mener le Liban à un défaut de paiement de sa dette. « En 2009, la croissance permettait d’absorber le poids de la dette. Aujourd’hui, le ratio entre la dette et le PIB est de 145 %, c’est devenu impossible », estime Sami Nader. Selon lui l’absence de réponse gouvernementale adaptée et son incapacité à maîtriser les dépenses publiques ne fait qu’aggraver les tensions sociales.
D’autant que le poids démographique des réfugiés devrait continuer de s’accentuer dans les prochains mois. Le rapport prévoit que le pays atteindra le seuil de 1,5 million de réfugiés officiellement enregistrés d’ici à la fin de l’année avec pour conséquence une charge supplémentaire sur les infrastructures du pays et une pression sur la cohésion sociale, tout en reconnaissant un aspect positif : celle des flux d’argent suscités par cette population qui dépense pour vivre quotidiennement sur le sol libanais grâce à l’aide des organisations internationales. Jad Chaaban, professeur d’économie à l’Université américaine de Beyrouth, partage ce constat, ajoutant que le poids démographique de cette population aura des effets à long terme sur les infrastructures et sur l’environnement, et ce même en cas de départ des réfugiés. Il cite l’exemple de l’absence de plan pour la gestion des déchets dont le poids a explosé. Le chercheur met parallèlement l’accent sur une hypothèse peu évoquée dans le rapport : « La possibilité d’un retour massif d’une partie des réfugiés en Syrie en cas de forte baisse des aides internationales. » Cela aurait pour conséquence, selon lui, d’alléger le poids démographique qui pèse sur le Liban, mais pourrait entraîner une baisse de l’activité économique – un “choc du retour” – du fait de la part importante de réfugiés payant un loyer, consommant ou travaillant sur place.
Sans donner de solution, l’objectif étant surtout d’informer, d’anticiper et d’interpeler les décideurs, le cinquième scénario intitulé “Améliorer la coordination entre les factions politiques vers une stabilisation” évoque la possibilité d’une union nationale entre les différents partis libanais pour venir à bout des défis auxquels le pays fait face. Un scénario auquel les analystes assignent néanmoins une faible probabilité.
Il s’agit du premier rapport sur le Liban publié dans le cadre du programme Syria Needs Analysis Project qui a pour but de donner des éléments de compréhension et de prospective aux organisations et aux institutions qui travaillent au jour le jour sur la crise syrienne face au manque d’informations concernant la Syrie ou les pays limitrophes. Basé en Suisse avec un bureau régional au Liban, le programme ACAPS a été lancé il y a deux ans et est financé par un groupement d’ONG internationales.


