Un Salon libanais, puis régional et pourquoi pas international. Au-delà des produits exposés, Termium-Gitex veut surtout montrer le know-how libanais en la matière.

La septième édition du Salon de l’informatique Termium, qui s’est tenue du 19 au 24 septembre, n’était pas tout à fait semblable aux précédentes. L’innovation essentielle est certainement la collaboration de Gitex, premier Salon de l’informatique dans le monde arabe. «Gitex, c’est 20 ans d’expérience», indique Wahid Atallah, directeur général du Dubai World Trade Center. «Contrairement aux années précédentes où Termium était essentiellement un Salon libanais, Termium-Gitex cible les pays voisins. Nous pouvons contribuer à son succès en prenant en considération les spécificités de chaque marché».
«La contribution de Gitex a un impact considérable, souligne Walid Yared, responsable de Promofair, organisateur de l’événement avec l’Association des professionnels de l’informatique (PCA). Grâce à notre site Internet relié à celui de Gitex, par exemple, sur 800 enregistrements de visiteurs en ligne, 200 émanaient de l’étranger».
Grâce à ce partenariat, qui a été conclu en avril passé, l’événement revêt un caractère régional et international. «L’année prochaine, il y aura un pavillon national français, un coréen, un taïwanais et peut-être un pavillon américain», indique Tony Kawkabany, président du comité d’organisation au sein de la PCA.
En bref, les exposants n’auront pas à cibler uniquement le marché local plutôt déprimé. L’objectif des organisateurs est bien sûr de faire parvenir, en un premier temps, un message “de haute technologie” aux Libanais. Ensuite, de faire connaître aux pays avoisinants ce qui se passe au Liban et à travers cet événement ce que les Libanais peuvent offrir au niveau des technologies de l’information. Le Salon n’est à ce titre que la partie émergée de l’édifice informatique libanais.
Le développement du secteur au Liban est d’ailleurs le fruit de l’initiative privée, sans aucun soutien des autorités publiques contrairement à ce qui se passe ailleurs. La PCA réclame une réglementation de la profession, une législation spécifique au commerce électronique, des mesures douanières en législation et en “procédures”, une certaine souplesse au niveau de la Sûreté générale et surtout les moyens de faciliter les formalités. «La technologie avance à pas de géant. Malheureusement, au Liban, nous reculons au même rythme, dénonce M. Kawkabany. Nous avons découvert l’alphabet phénicien, mais nous sommes en passe de rater le train en ce qui concerne l’alphabet digital».

Croissance négative

Selon M. Kawkabany, par ailleurs directeur général adjoint de CIS (HP), la croissance du secteur a été négative en 1999 (-14 %) – surtout en l’absence de projets publics dans le domaine – et sera probablement nulle pour 2000. «Nous arrivons à nous maintenir grâce à nos activités à l’étranger, indique Claude Bahsali, directeur général de Mideast Data Systems. C’était le seul moyen de survie. Mais nous devons aussi “couver” nos capacités localement pour qu’elles puissent croître».
Pour ce faire, y a-t-il des difficultés à trouver des personnes qualifiées ? «Les universitaires ont une bonne formation et peuvent être rapidement productifs», souligne M. Bahsali. Le problème réside ailleurs. Nous recevons chaque semaine des dizaines de CV que nous mettons provisoirement de côté. Malheureusement, quand le besoin se fait sentir, la plupart des candidats sérieux auront déjà quitté le pays, vu le besoin accru d’informaticiens partout au monde. En fait, nous exportons des cerveaux et c’est un cercle vicieux».
Est-ce qu’une “zone franche de technologie” peut-elle apporter des solutions ?
«C’est un titre en l’air ou à la rigueur une partie d’une solution de sauvetage. L’essentiel est d’élaborer un plan directeur pour soutenir le secteur de l’informatique. Le président syrien Bachar el-Assad l’a annoncé pour son pays dans son discours d’investiture. La Jordanie, Dubaï… en ont un, mais pas le Liban».