Le Liban a clôturé le 4 novembre une nouvelle émission d’eurobonds pour financer le service de la dette en devise pour le deuxième semestre 2015, et échanger des obligations arrivant à échéance en janvier 2016. L’opération, gérée par les banques Citigroup, Standard Chartered, Fransabank et Société générale de banque au Liban (SGBL), a comme d’habitude été essentiellement souscrite par les banques libanaises.
L’État a émis des eurobonds d’une valeur totale de 1,6 milliard de dollars en trois tranches : une première de 500 millions de  dollars arrivant à échéance en novembre 2024 assortie d’un taux d’intérêt de 6,25 % (la fourchette proposée allait de 6,20 % à 6,35 %) ; une autre de 500 millions arrivant à échéance en 2028 assortie d’un taux d’intérêt de 6,65 % (dans une fourchette de 6,60-6,75 %) ; et une troisième de 600 millions de dollars arrivant à échéance en 2035 avec un taux d’intérêt de 7,05 % (dans une fourchette de 7,00-7,20 %).
Le Liban n’a en fait levé que 1,3 milliard de dollars puisqu’une partie de l’opération portait sur un échange volontaire de titres. L’État a proposé aux investisseurs détenant les 750 millions de dollars d’eurobonds arrivant à échéance en janvier 2016, assortis d’un coupon de 8,5 %, de les échanger contre les nouveaux titres arrivant à maturité en 2024 ou 2028. Une prime leur a été proposée pour les encourager à souscrire malgré la baisse du coupon proposé, les titres existants étant échangés à 101,31 % de leur valeur. Mais l’offre n’a pas séduit les investisseurs. Moins de 45 % des titres ont été effectivement échangés, pour un montant de 318 millions de dollars, sur lequel l’État a versé 4,2 millions de dollars de primes et 7,9 millions de dollars d’intérêts encourus depuis le paiement du dernier coupon, en juillet 2015. À cela s’ajoute le paiement de 800 000 dollars de commission sur l’ensemble de l’opération. En janvier prochain, l’État devra rembourser les 432 millions de titres restant, ou proposer d’ici là une nouvelle offre d’échange à des conditions différentes.
Globalement, cette émission a témoigné de la faible demande étrangère pour la dette libanaise, dans un contexte politique et économique morose. Selon le ministère des Finances, « outre la portion allouée à la Banque du Liban » dont le montant n’a pas été spécifié, les investisseurs internationaux ont représenté 15 % de la tranche de 2024, 5 % de la tranche de 2028 et seulement 3 % de la dernière tranche.