Une étude conjointe du ministère de l'Environnement et du Programme des Nations unies pour le développement évalue, pour la première fois, le coût du réchauffement climatique sur l'économie libanaise. Elle indique que si la production de gaz à effet de serre demeure inchangée, en 2020, le réchauffement climatique pourrait coûter 21,2 milliards de dollars au pays. « Nous n'avions jamais imaginé des coûts aussi élevés », a annoncé le directeur du Pnud au Liban, Luca Renda, lors de la présentation de l'étude mardi 8 mars.
Le changement climatique pourrait avoir un coût direct de 3,6 milliards de dollars tandis qu'il entraînerait une réduction du PIB de 17,6 milliards en 2020. En se basant sur le ratio actuel des dépenses publiques par rapport au PIB (soit 32 % en 2013), l'étude en déduit que le gouvernement assumera 6,8 milliards du coût total en 2020. Le montant restant sera donc directement à la charge des ménages – estimé à 1,3 million en 2020. Le réchauffement climatique coûtera donc 16 400 dollars à chaque ménage en 2020.
L'étude analyse également l'impact du changement climatique sur plusieurs secteurs économiques. Et c'est le secteur agricole qui devrait connaître le plus de dégâts : la réduction de la production agricole devrait coûter 300 millions de dollars au Liban en 2020. L'augmentation induite du prix de la nourriture coûterait 470 millions de dollars en 2020, contre 177,9 milliards pour les risques de maladies et 47,2 milliards pour l'augmentation des risques de décès.
Le Liban s'est engagé à maintenir un seuil de réchauffement en deçà de 2 degrés lors de l'accord de Paris (COP21) en décembre dernier et à réduire ses émissions de 15 % d'ici à 2030. Si ces promesses sont respectées, le coût du réchauffement climatique en 2020 n'atteindra que 15,2 milliards de dollars, soit des économies de 28 %.


