A peine le gouvernement libanais a-t-il renouvelé la concession du parking de l'Aéroport international Rafic Hariri au groupe koweïtien al-Kharafi, que le Conseil d’Etat annule la procédure. Cette multinationale, qui assume la gestion du parking de l’aéroport pour le compte de l’Etat depuis 1998, a pourtant remporté l’ouverture des plis le 4 juillet dernier. Une première étape avant la signature du contrat définitif pour une durée de quatre ans (jusqu’en 2020), en échange d’un loyer annuel au bénéfice de l’Etat de 4,4 millions de dollars (6,7 milliards de livres libanaises).
L’affaire est toutefois plus compliquée qu’il n’y paraît. Une première adjudication pour ce même parking, a en effet été organisée en mai 2016. A l’époque, elle a été remportée par la société VIP, dirigée par Chadi E. Habr. Son offre prévoyait un loyer annuel de 3,4 millions de dollars (5,2 milliards de livres libanaises) pour les caisses publiques.
Il faut croire que le résultat de ce premier appel d’offre n’a pas satisfait le ministère des Travaux publics, qui décide d’annuler la procédure en cours, faute, selon des responsables ministériels, de concurrence entre les six entreprises candidates retenues par la Direction des adjudications (DDA), qui dépend de l’Inspection centrale. Une nouvelle adjudication est donc organisée par la DDA, après modification du cahier des charges « pour plus d’équité », selon les termes d’un employé de l’Inspection centrale, qui préfère garder l’anonymat.
Pour corser le tout, la société VIP, victorieuse de la première adjudication en mai 2016, conteste l’annulation des résultats de l’appel d’offre devant le Conseil d’état, lequel gèle la procédure en cours dans l’attente d’une décision. Mais… sans prévenir le ministère du Travaux publics, assure le responsable de l’Inspection centrale, qui de fait, continue comme si de rien n’était.
« Il y a eu une erreur : le Conseil d’Etat a annulé la procédure sans notifier sa décision au ministère des Travaux publics. Du coup, la procédure s’est déroulé normalement jusqu’à l’ouverture des plis début juillet et l’attribution de la gestion des parkings à la société à l’offre financière la plus intéressante », explique cette même source.
Le contrat de concession qui lie l’Etat à la société al-Kharafi est arrivé à terme le 30 juin dernier. Depuis, le groupe koweitien continue de gérer l’aire de stationnement de l’aéroport, d’une capacité de 2350 places pour un tarif de 3, 84 dollars (5750 livres libanaises) pour moins d’une heure de stationnement, sans base légale.


