Novembre 2017. Le collectionneur et président de la Dalloul Art Foundation, Basel Dalloul, tape du poing sur la table. En cause ? Une trentaine d’œuvres que la fondation a achetées à un particulier, par l’entremise de la galerie Saleh Barakat. Il s’agit de toiles du peintre syrien Louay Kayali (1934-1978) et du libanais Saliba Douaihy (1915-1994). Motif de ses foudres ? Un doute sérieux quant à leur authenticité. Certains détails lui semblent “troublants” et surtout “contestables” dans le cas d’un “vrai Kayali” ou d’un “vrai Douaihy”. « Une centaine de faux Saliba Douaihy circuleraient actuellement sur le marché libanais. Quant à Louay Kayali, ce peintre n’a sans doute produit que 200 à 300 pièces dans toute sa carrière. Pourtant, plusieurs milliers lui sont attribués... », souligne Basel Dalloul.

Sans attendre, celui qui est, par ailleurs, le patron du groupe de télécom et d’internet Noor décide de les retirer de sa collection (3 500 pièces), refusant que de “possibles faux” ternissent l’image du musée privé qu’il doit ouvrir à Beyrouth prochainement. Les montants en jeu n’ont rien d’une broutille: plus de 1,25 million de dollars, selon le site TheArtNewspaper, la DAF n’ayant pas souhaité confirmer ce chiffre au Commerce du Levant. Le galeriste Saleh Barakat reprendra et remboursera rubis sur l’ongle le collectionneur mécontent. «Saliba Douaihy n’a pas de succession légale. Sans cela, personne ne peut dire avec une certitude absolue si telle œuvre est authentique ou pas», assure le galeriste qui semble, malgré tout, convaincu de l’authenticité des tableaux incriminés. L’affaire est toujours en cours : des analyses scientifiques doivent encore être diligentées pour tenter de clore le débat.

Au Liban, “l’affaire Dalloul” fait grand bruit dans le Landerneau artistique local : l’homme d’affaires et collectionneur, il est vrai, en a fait un cas d’école n’hésitant pas – fait assez exceptionnel – à parler à la presse de ses déboires. Il sponsorise même une €