Cadeaux, invitations à des colloques, commissions sur la prescription de médicaments… Sur un marché pharmaceutique chiffré à 1,75 milliard de dollars en 2016, tous les moyens sont bons pour inciter les professionnels à écouler les produits des groupes pharmaceutiques. Une affaire récente met en lumière les liens troubles des labos avec les professionnels de la santé.

No comment. Lorsque le 4 septembre, le gendarme de la Bourse américaine annonce un accord conclu avec le laboratoire pharmaceutique Sanofi pour des faits de corruption qui auraient eu lieu dans la région, le géant français (8,43 milliards d’euros de bénéfices nets en 2017) s’en tient à un simple communiqué. La firme « ne reconnaît ni ne dément avoir commis une quelconque infraction », mais passe à la caisse sans broncher. Montant de l’amende : 25 millions de dollars.

La Securities and Exchange Commission (SEC) – habilitée à poursuivre les entreprises implantées aux États-Unis ou cotées en Bourse sur le territoire américain au nom de la lutte contre la corruption – accuse le laboratoire pharmaceutique d’avoir versé des pots-de-vin pour remporter des appels d’offres ainsi que d’avoir rétribué des praticiens chargés de promouvoir ses produits. L’enquête porte sur la période 2006 à 2015 et vise les activités