Au Liban, la fiscalité relative aux œuvres d’art reste embryonnaire et ne tient pas compte du caractère spécifique de la création culturelle. Son anachronisme est considéré par certains comme un frein à l’expansion de Beyrouth en tant que place culturelle dans la région, alors que les pays du Golfe misent sur l’art pour attirer des touristes.

Samir Khaddage

Beaucoup de pays ont choisi d’appliquer aux œuvres d’art une fiscalité incitative pour préserver une partie de leur patrimoine culturel. En France, par exemple, l’œuvre d’art n'entre pas dans la base taxable de l'impôt sur la fortune (ISF) ni celle de l’impôt sur la fortune immobilière, qui remplace l’ISF. C'est même l'un des seuls éléments du patrimoine à échapper à ce prélèvement, avec les biens professionnels. À l’origine, la mesure (prise en 1982 sous François Mitterrand) visait à défendre le marché de l’art français. Et ce fut sans doute le cas : ces exonérations rendent la détention d’un patrimoine artistique intéressant du point de vue fiscal et patrimonial. « La fiscalité n’est pas le moteur de l’amateur d’art », tempère Tarek Nahas, directeur associé du cabinet Nahas Law, lui-même à la tête de la plus grande collection de photographies contemporaines de la région. « Cela étant, certains collectionneurs voient dans l’art un intérêt patrimonial. »

Au Liban, la détention d’œuvres d’art n’est pas imposée, ni d’ailleurs les revenus que leur vente pourrait générer, contrairement à d’autres pays où la plus-value est assujettie à l’impôt sur le revenu. Mais cette situation découle plus de l’absence d’un cadre fiscal spécifique à l’art que d’une politique réfléchie.

En réalité, le législateur libanais ne s’est jamais vraiment penché sur la question. La plupart des lois qui se rattachent aux œuvres d’art sont anciennes, souvent

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