Lorsqu’on parle de détective privé, des noms comme Sherlock Holmes et Hercule Poirot viennent
à l’esprit. Mais le détective privé n’est pas une fiction, il existe bel et bien.
Le détective privé ou agent de recherche – comme il est officiellement désigné en France – est un professionnel de l’investigation. Il est là pour assister des particuliers ainsi que des sociétés à rechercher des preuves, des renseignements et des informations. En France, en Grande-Bretagne et dans bien d’autres pays, il exerce une profession libérale reconnue et réglementée. Un code de déontologie régit cette profession dans chacun de ces pays. Près de 2 000 agences ou professionnels travaillant individuellement sont répertoriés en France.
Le détective privé
existe-t-il au Liban ?
La profession de détective privé existe bel et bien au Liban. Pourtant, elle n’est pas reconnue officiellement. De ce fait, les détectives libanais doivent agir de manière clandestine, à l’ombre de la loi et de l’appareil judiciaire. Ils sont souvent issus de la police ou de la gendarmerie. Ils profitent ainsi de leur formation professionnelle et surtout des contacts qu’ils ont pu nouer au cours de leur carrière pour exercer cette activité.
Raymond C., ancien officier de la gendarmerie, est devenu détective privé après sa retraite. Comme la loi libanaise ignore totalement cette profession, il a dû constituer une société commerciale ayant pour objet la prestation de services de sécurité privée à travers laquelle il exerce son activité. Il se plaint pourtant de ne pouvoir agir que dans un champ très limité. Ainsi, le rapport qu’il établit à la suite d’une enquête n’a pas de valeur auprès des tribunaux et serait même regardé avec suspicion au cas où il leur serait présenté. De même, son activité ne peut porter atteinte aux droits et libertés fondamentales, comme la liberté d’aller et venir, l’intégrité physique de la personne ou l’intimité de la vie privée. Il ne peut pas faire des fouilles à corps ni des fouilles de bagages. Il ne peut non plus recourir à la force.
En quoi consiste sa mission ?
On s’adresse le plus souvent à un détective privé afin de mener une enquête poussée lorsque les services de police administrative ou judiciaire se montrent inefficaces ou négligents, faute d’effectifs, de moyens ou de temps. On a recours également à lui pour déclencher une contre-enquête. Des justiciables soupçonnés ou condamnés se prétendant innocents ont recours au détective afin de rechercher des preuves de leur innocence. Les sociétés, notamment les banques et les assurances, font également appel aux détectives afin de s’informer sur leurs clients.
La recherche de personnes, la preuve de l’adultère d’un époux et la surveillance constituent également une part importante de son travail.
D’après Monsieur C., une mission de surveillance doit se faire 24h/24 et nécessite un effectif de vingt et une personnes divisé en équipes de sept qui se relaient toutes les six heures. La durée d’une mission de surveillance est d’une semaine en moyenne. La surveillance d’un conjoint adultérin est cependant une mission dont Monsieur C. se méfie, car «elle peut avoir des conséquences fâcheuses et conduit parfois au crime dans cet Orient plein de passions». Des fois, explique Monsieur C., des parents ont recours à lui pour la surveillance de leur progéniture qu’ils suspectent de fréquenter des milieux peu recommandables.
Michel K. et Abdo D. sont deux anciens employés de la police et travaillent actuellement pour le compte d’une société en tant qu’agents de sécurité. Ils sont quelquefois sollicités par des particuliers pour une enquête ou une mission de surveillance et arrondissent ainsi leur fin de mois.
Comment le trouver ?
Dans les pays où cette profession est réglementée, les détectives privés sont enregistrés auprès des autorités administratives et sont faciles à trouver. Ainsi, en France ou en Grande-Bretagne par exemple, il suffit de feuilleter les pages jaunes pour avoir une liste importante des détectives et agences de recherches privés. Deux associations, “France-Détectives” et “The Association of British Investigators”, ont même des sites sur Internet. Au Liban, la tâche est plus difficile, puisque ces personnes travaillent de façon clandestine. À la question de savoir où les trouver, Abdo D. répond qu’il suffit d’avoir de l’argent pour cela. Généralement, c’est le bouche-à-oreille qui mène à eux. Ils sont également connus dans les milieux de la police et de la gendarmerie, dont ils sont le plus souvent issus, et des auxiliaires de justice tels que les avocats et les notaires.


