Au début de 1998, les réserves mondiales prouvées ou exploitées atteignaient 140 milliards de tonnes, soit l’équivalent de 45 ans de production au rythme actuel. Le Proche-Orient possède les deux tiers des réserves mondiales (voir graphe) et l’Arabie saoudite, à elle seule, 26 %.
Mais on doit aussi tenir compte des quantités potentiellement récupérables et des gisements susceptibles d’être découverts et exploités à des conditions techniques et économiques acceptables pour les trente années à venir. Ce pétrole qu’il faut aller chercher en profondeur est cependant coûteux à extraire. Des études récentes évaluent ces réserves à 215 milliards de tonnes de pétrole brut, plus environ 278 000 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Cela, sans compter les réserves non conventionnelles de schistes bitumineux, de sables asphaltiques et autres pétroles ultralourds.
Les améliorations des techniques de forage et de prospection ont pour un temps éloigné le spectre de la pénurie. Cependant, qu’il s’agisse d’huiles conventionnelles ou d’huiles ultralourdes, l’exploitation des nouveaux gisements conduira à un baril plus cher. On pense que la probabilité de découvrir de nouveaux sites facilement exploitables comme au Texas, ou gigantesques comme au Proche-Orient est aujourd’hui très faible. Outre des coûts d’extraction plus élevés, d’autres facteurs vont venir peser sur les prix : risque géopolitique, explosion possible de la demande en énergie de la part des pays émergents, consommation toujours soutenue des pays industrialisés, taxation écologique.
Mais la pénurie peut aussi prendre un caractère factice : les soubresauts militaires du Golfe ont rappelé le caractère stratégique de cette matière première, devenue une arme politique. Notre civilisation dépend largement du pétrole, un pétrole abondant et peu coûteux. C’est d’ailleurs la première source d’énergie mondiale, le pétrole fournit près de la moitié de la demande totale d’énergie primaire.
Les riches moins intéressés ?
Cependant, malgré la modération des prix, la consommation de pétrole n’a pas retrouvé son niveau d’avant 1973 (en prenant en considération la croissance démographique). Actuellement, 20 % de la population mondiale consomme environ 60 % de l’énergie produite, mais les pays consommateurs ont fait évoluer leur demande énergétique. Soumis à des soucis à la fois écologiques et d’autosuffisance, les pays développés cherchent de plus en plus à varier leurs ressources : énergies renouvelables (principalement solaire et éolienne), gaz naturel moins polluant, énergie nucléaire. Ils cherchent à tirer une rentabilité accrue du baril, en consommant moins et mieux. Tandis que la priorité pour les pays en voie de développement demeure de rattraper leur retard économique : deux milliards de personnes (en 2000) n’ont encore pas un accès “normal” à l’électricité ! Ainsi, la baisse prévisible de la consommation de pétrole des uns pourrait être plus que compensée par un accroissement chez les autres. À moins que ces derniers ne soient soumis aux mêmes pressions écologiques qui s’étendent rapidement à l’échelle planétaire, particulièrement en ce qui concerne le réchauffement global dû à l’effet de serre.
La consommation énergétique mondiale progresse de 2 à 2,5 % par an. L’augmentation des besoins fera que le pétrole demeurera pour les cinquante prochaines années l’énergie dominante, mais il est à peu près certain que nous vivons les dernières décennies du pétrole bon marché.
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