Mine de rien, les affaires des transports ont un effet multiplicateur insoupçonné. Qui se souvient
de l’impact du port de Beyrouth avant la guerre ? Après le bilan 2001, le ministre Nagib Mikati épluche pour nous les grands dossiers de 2002.
Clés 2001
Aérien
• Licenciements à la MEA (environ 100
millions $ d’indemnités aux 1 140
licenciés et 400 démissionnaires).
• Nouvelle piste ouest de l’AIB.
• Utilisation des salons VIP de l’AIB
ouverts à toutes les compagnies et les
voyageurs (contre 500 000 LL par heure).
• Renouvellement des droits de transport
vers la Thaïlande et le Japon pour TMA.
• Austrian Airlines suspend ses vols vers
Beyrouth.
• Malaysian Airlines suspend ses vols
vers Beyrouth.
• Vol direct vers Khartoum.
• Liaison Varsovie-Beyrouth par la LOT.
• Virgin Airlines bientôt au Liban.
Terrestre
• Nouveau service projeté de transport
routier régional par bus et par voitures de
tourisme à la gare routière Charles Hélou.
• Accord sur un projet de transport routier
régional et international entre le Liban,
la Syrie, la Jordanie, l’Égypte, les EAU,
la Palestine, l’Irak et le Yémen.
Maritime
• Certificat ISO 9002 au port de Beyrouth.
• Application du système Najm au port de
Tripoli.
• Vente au détail de tout genre à la zone
franche du port de Beyrouth.
• Développement en cours de 30 ports de
pêche et de plaisance le long du littoral
(coût des travaux réalisés et prévus :
120 Mds LL).
Le port de Beyrouth
Actuellement, les négociations concernent la construction d’une extension du port, partant du fleuve de Beyrouth jusqu’à Nahr el-Mott, destinée aux dépôts de gaz et de pétrole. Une étude et un plan directeur pour ce projet seront en cours en 2002.
Quant à l’essai avorté du partenariat avec Dubaï concernant le terminal de conteneurs, le ministère des Finances penche pour l’option de privatisation de l’ensemble des activités du port de Beyrouth, y compris le terminal de conteneurs. On pourrait même opérer une privatisation simultanée des ports de Beyrouth et de Tripoli. Le ministère des Transports a lancé un appel d’offres préparé par la Banque mondiale auquel se sont présentées quatre sociétés. Finalement, le ministère a opté pour le bureau français BCEOM qui avait offert d’effectuer l’étude au coût le plus abordable de 184 600 $. Un délai de trois mois a été accordé à la société française pour présenter ses suggestions avant d’exécuter la privatisation.
Le port de Tripoli
En 2001, les autorités du port de Tripoli ont collaboré avec des sociétés françaises pour l’élaboration d’un protocole de coopération avec le ministère français des Transports. Les grandes lignes de ce travail en commun englobent : les plans directeurs de l’extension et la rénovation du port, l’étude économique et les remarques techniques pour l’exécution de ce projet, entreprises par les autorités du port de Marseille, ainsi que l’étude portant sur l’établissement d’un institut de formation portuaire, avec la collaboration de la CCI de Marseille.
Une fois les études achevées, l’exécution du programme d’extension et de rénovation du port de Tripoli devrait continuer en 2002, toujours avec la collaboration des Français. Les travaux projetés ou en étude pour 2002 comprennent :
• Un nouveau quai longeant le bassin profond de 12 mètres, avec une possibilité de financement auprès de la Banque mondiale.
• Les études de mise en place de l’institut de formation portuaire qui ont été remises aux autorités du port. Les possibilités d’une coopération avec les Français dans le financement, l’exécution et la gestion de l’institut sont ouvertes.
• Une nouvelle zone remblayée au port, qui devrait augmenter sa superficie de 300 000 m2. Une étude de planification pourrait être faite avec l’aide d’une société française.
• Une étude de faisabilité sera réalisée pour construire un chantier naval (d’entretien et de réparation).
• Une compagnie française, Systra, devrait évaluer le projet de branchements vers les quais du port de
la voie ferrée destinée à relier Tripoli aux frontières Nord.
• Une possible délégation des opérations de révision de la structure et des ressources humaines à une compagnie spécialisée.
L’Aéroport international
de Beyrouth
Les travaux d’infrastructure de l’aéroport de Beyrouth ont été achevés en 2001. Actuellement, il ne reste plus qu’à mettre en place les conduits nécessaires pour l’approvisionnement des avions en fuel. Par ailleurs, il est envisagé de créer un terminal pour les avions privés surnommé “General Aviation Terminal”.
Toutefois, le projet qui occupe le ministère est celui de la privatisation des opérations de l’AIB soumis au Parlement. Le dossier est constitué de deux volets : l’espace aérien et l’espace terrestre. La zone aérienne restera aux mains du secteur public, car il y va de la souveraineté du Liban. Pour la section terrestre, deux étapes sont envisagées. Toutes les sociétés annexes, notamment celles de la zone franche, du nettoyage, du parking et les traiteurs, feront partie de l’autorité de l’Aviation civile gérée par la Compagnie de l’aéroport de Beyrouth, à créer. Les actions de ces sociétés appartiennent au gouvernement qui, toutefois, agira à la manière d’une société privée en plaçant à terme les actions sur le marché pour les vendre. Ainsi a été décidée la procédure de privatisation.
Par ailleurs, le litige entre la société chargée de la zone franche, présidée par Mohamed Zaidan, et l’État, concernant la durée de l’exploitation, devra être réglé, au besoin, par un recours au Parlement. En outre, le projet de privatisation des aéroports, une fois lancé, atteindra l’aéroport de Kléiat, où il est envisagé d’installer un “Village Cargo”.
La gare routière
Charles Hélou
En 2001, deux sociétés, la Beirut Pullman Terminal et la Beirut Car Terminal, opéraient toujours à la gare, bénéficiant chacune de l’exclusivité des transports vers le Nord et la Syrie, depuis 1997 (par décret).
La société des pullmans a toujours eu une gestion et un fonctionnement sains. Toutefois, des problèmes au sein du conseil d’administration du Beirut
Car Terminal ont conduit au déficit
de la société. Pire, actuellement, les différents participants travaillent en tant
qu’indépendants et sans réglementation.
Le ministère devra en 2002 réorganiser cette société. Il compte présenter un projet au Parlement pour permettre à d’autres sociétés d’opérer à partir de la gare.
Les bus publics
L’activité de ces bus est perdante. Trois sociétés françaises effectuent actuellement l’étude de privatisation, ses conditions d’application ainsi que son exécution. En 2002, les grandes lignes de cette privatisation verront le jour. Alors, seront envisagés les projets d’extension des réseaux, d’abribus, d’arrêts, de plans…
La voie ferrée Tripoli-Syrie
La voie ferrée de 35 km reliant le port de Tripoli à la frontière Nord avec la Syrie coûtera environ 20 millions $ répartis sur quatre années, de 2001 à 2004, la période nécessaire pour réaliser ce projet. Mais ce coût est également partagé entre le Liban et la Syrie. La voie ferrée destinée d’abord pour le transport de marchandises n’exclut pas l’idée de transport simultané de passagers.
Le début des travaux est programmé dans 8 mois, une fois l’étude, effectuée gratuitement par la Syrie, aura été achevée. De plus, l’Office syrien des chemins de fer se charge de la tâche d’exécution. Tandis que le rôle du Liban englobe la signalisation, les télécommunications, la réhabilitation des revêtements, la sécurité et l’achat des fers. Actuellement, le ministère a déjà déposé un appel d’offres pour l’assistance technique à la maîtrise d’œuvre. Le choix du bureau technique-consultant se fera en février.
le programme
de développement
des transports urbains
Le BUTP, ou Beirut Urban Transport Plan, d’un coût de 115 millions $ sera financé par la Banque mondiale. Il comporte l’établissement de 200 feux de signalisation, 16 ponts, 9 tunnels, 6 500 emplacements de parking et 580 parcmètres. Le projet doit démarrer en 2002 dans la région du Grand Beyrouth et banlieues.
Le BUTP est constitué de 5 volets différents : gestion du trafic ; amélioration du stationnement ; construction des tunnels ; assistance technique générale ; et enfin, la gestion du projet.
Le projet a poussé à la création, le 14 octobre 2000 (par décret n° 4082), d’un organisme de gestion du trafic, le Trafic Management Organization (TMO). Cette agence publique, placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, bénéficie d’une autonomie financière et administrative et sera le seul opérateur des stationnements payants dans les rues du Grand Beyrouth. Ses fonctions englobent : le contrôle du trafic, l’application des règles de conduite, l’ingénierie des opérations de la route, la gestion des espaces de parkings dans les rues et les informations relatives aux transports et au trafic.


