Un congrès pour inciter les fortunés arabes à investir leur argent dans la région. C’est loin d’être original. Mais c’est comme la publicité, il faut parfois une campagne de matraquage.

Certains banquiers estiment les fonds arabes placés à l’étranger à 1 000 milliards $ appartenant à environ 200 000 fortunés dont 90 % sont des ressortissants des pays du Golfe.
Ces fonds sont placés soit en dépôts bancaires, soit en portefeuilles financiers sur les marchés de capitaux. Exposés à l’étranger aux risques politiques, dont pour le cas extrême le blocage abusif des dépôts, ces capitaux ne trouvent toujours pas des opportunités d’investissement adéquates sur les marchés arabes. L’expérience a montré que tant que ces marchés restent fermés les uns aux autres, les économies arabes ne pourront pas attirer les fonds placés à l’étranger. L’accord de création d’une zone franche ne sera appliqué qu’en 2007 et les pays arabes continuent à conclure des accords bilatéraux avec d’autres pays. Ces accords octroient des privilèges que les pays arabes voisins n’arrivent pas à obtenir.
Les événements du 11 septembre ont montré que les fonds arabes ont intérêt à être investis dans la région. Des accords ont mis en place un système d’arbitrage des conflits. La cour arabe d’arbitrage sera fonctionnelle à partir de cette année. «L’investisseur est intelligent. Il est conscient des risques et cherche des alternatives», souligne Jassem el-Manaï, PDG du Fonds monétaire arabe. Alors, où investir ?
Dans le secteur touristique. «Le Liban jouit, depuis 10 ans, d’une stabilité sécuritaire et politique, relève le ministre d’État Michel Pharaon. Le programme de réforme financière, l’adoption du principe de la privatisation, tout ceci lui confère également une stabilité financière. Ce qui est favorable, entre autres, à la relance du secteur touristique».
Dans le secteur des télécoms. L’expérience du groupe égyptien Orascom Télécom est très significative à cet égard. Le secteur des télécoms est encore générateur de plus-values, souligne Nagib Sawiris, PDG du groupe. C’est un secteur très attractif, à condition de lui assurer un climat sain et neutre. L’État se doit de respecter les engagements stipulés dans les contrats. Nagib Sawiris n’approuve pas l’investissement dans des pays où l’État reste détenteur d’une part des secteurs à privatiser. À son avis, l’investisseur sera toujours confronté à des décisions et des interprétations abusives, sans compter les tiraillements politiques. Le PDG d’Orascom faisait probablement allusion à ses déboires juridiques récentes en Syrie, où il gère en partenariat un réseau GSM.
Dans le secteur bancaire. Raymond Audi, PDG de la Banque Audi, estime les fonds arabes qui ont afflué récemment au Liban à un milliard de dollars. «L’industrie bancaire libanaise a un avenir très prometteur. Elle est apte et disposée à accueillir des partenariats qui lui permettront d’absorber facilement les fonds arabes placés actuellement à l’extérieur de la région».
Dans l’immobilier. Les gouvernements arabes ont élaboré de nouvelles législations plus favorables. Ils ont cependant échoué dans d’autres réformes. Malgré cela, souligne Khalaf al-Habtoor, président du groupe émirien de même nom, «les marchés régionaux sont stables et le rendement des investissements dans la région est nettement supérieur au rendement à l’étranger».

(*) Thème principal d’un congrès organisé le mois passé par Confex.