Distribuer des stock options au Liban, ce n’est pas encore dans les us et coutumes de nos grandes banques et entreprises. Mais tout peut arriver. (Qui aurait dit qu’on pouvait manier aussi facilement la titrisation ?).
Rappel des avantages.
En ce début d’année, des entreprises, mais surtout des banques, hésitent à octroyer des bonus en liquide à leurs cadres supérieurs. Surtout qu’elles viennent d’avaler la pilule de 4 milliards $ à 0 % d’intérêt. Solution possible, surtout si elles sont cotées à la Bourse : distribuer des stock options.
• Le principe. Il s’agit d’une option donnée à l’employé bénéficiaire d’acheter à terme des actions de sa société à un prix préfixé.
• La position du bénéficiaire. Celui-ci a le droit, à terme, d’acheter l’action au prix prédéterminé, mais non l’obligation de le faire. Pratiquement, si à l’échéance le prix de l’action sur le marché est supérieur au prix de l’option, il va exercer son droit d’acheter l’action. Dans le cas contraire, il n’est pas obligé de l’acheter.
• Exemple. Se basant sur le cours actuel de l’action (disons 100 $), l’entreprise offre d’habitude l’option d’achat à un prix légèrement escompté (soit 97 $) pour motiver ses cadres et les satisfaire. Le prix de 97 $ représente le prix d’exercice de l’option à terme.
• L’échéance. Supposons que, pour une option émise fin 2002, l’échéance pour exercer ce droit d’achat est comprise entre juin et septembre 2008. Si le détenteur de cette option à 97 $ réalise que le prix de l’action à l’échéance est de 135 $ par exemple, il peut s’approprier l’action à 97 $, la conserver (en jouissant du droit de dividendes) ou la vendre au prix du marché ; ce faisant, il aurait exercé son droit – et gagné 38 $ par action. Si par contre, en juin-septembre 2008, le prix de l’action a fluctué à un niveau inférieur au prix d’exercice, le détenteur de l’option se trouve dans une position de “neutralité d’action”, car il n’est nullement tenu d’acheter, il fait ce que bon lui semble.
• Avantages. Les cadres connaissent le mieux leur entreprise et peuvent se considérer bien placés pour prévoir son évolution. C’est en fonction de ces données microéconomiques que l’investisseur décide. Pour cela, l’entreprise ne doit épargner aucun effort pour une meilleure performance qui ne peut que porter ses fruits. Sans oublier que l’entreprise a pour triple objectif la satisfaction de l’actionnaire (en rendement), le personnel (en motivation) et le client (en service). À l’offre d’une “option d’achat d’actions” par l’entreprise à ses cadres, ceux-ci reconnaissent le geste bienfaiteur de leurs patrons et se considèrent plus partenaires que salariés. Une pratique, qui a fait ses preuves ailleurs, mérite d’être considérée sérieusement chez nous.
Antoine Albert Naggear
Directeur de la “Financière SARL”
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