On entend toujours parler de la corruption publique,
mais le secteur privé a-t-il une responsabilité
dans ce domaine ?
L’association libanaise pour la lutte contre la corruption (“La Fassad”), la section libanaise de Transparency International (TI), a récemment organisé un séminaire pour diffuser ses principes dans le secteur privé. Objectif : l’adoption par le secteur privé libanais d’une charte portant sur un code d’honneur, qui devrait aider à endiguer la corruption dans le pays. La Lebanese Transparency Association (LTA) n’est pas à sa première initiative, mais plusieurs entreprises libanaises invitées se sont absentées, ce qui montre l’intérêt minime que porte le secteur privé à ce genre de dispositions.
L’intérêt majeur de cette initiative est la création d’une charte de bonne conduite où la transparence s’impose malgré la concurrence et la recherche légitime du gain. La charte définit la corruption par les termes suivants : «Tout don, prêt, commission, récompense ou autre avantage accordé ou reçu comme incitation à effectuer un acte malhonnête, illégal ou constituant un abus de confiance dans la conduite des affaires d’une entreprise».
Suite à l’intervention du ministre Georges Frem, qui insistera sur l’effort global que doit fournir la société libanaise pour irradier la corruption, les diverses opinions se focaliseront sur la charte elle-même. Les représentants de TI expliqueront ses principes et leur raison d’être. Charles Adwan, directeur exécutif de LTA, présentera les différentes modalités pour l’application de ces principes au cas libanais. Un “cas” qui n’est pas encore chiffré, puisque le Liban ne fait pas partie de l’enquête internationale sur la corruption qui couvre 102 pays, par manque de données fiables.
Charles Adwan, dans un aparté avec le CDL, confie que la LTA, active depuis 2001, mène surtout des études sur les secteurs public et privé au Liban. L’année 2002 fut prolifique pour l’association, riche en conférences et séminaires. Pour l’année 2003, un programme destiné à la jeunesse sera proposé par la LTA. Programme composé de conférences dans les diverses universités portant sur la corruption, une campagne de motivation, une formation pour les nouvelles recrues. Outre ce programme, la LTA poursuivra son travail de sensibilisation et de lutte contre la corruption, en intensifiant les congrès et les conférences ciblées.
Transparency International (TI), fondée en 1993, est la principale organisation internationale non gouvernementale vouée à la lutte contre la corruption. À travers son secrétariat international et ses 80 sections nationales, TI plaide pour des réformes politiques, travaille pour la mise en application de conventions multilatérales et surveille leur mise en œuvre. Au niveau national, les sections se consacrent à améliorer la responsabilité et la transparence, à contrôler les activités des institutions-clés et à faire passer les réformes nécessaires.
Bachar Attieh
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