Guerre ou paix ? Ou simplement trêve entrecoupée de raids et encadrée par l’embargo ?
Pour le moment et même pour “après”, Bagdad grouille de Libanais, qui en ont vu d’autres.
Panorama réaliste d’un business particulier.

En dépit des effets néfastes – humainement et financièrement – d’un embargo, qui dure depuis 12 ans, l’Irak demeure un marché prisé pour les pays du voisinage, y compris le Liban. Pendant les trêves, et même sous la menace constante d’une attaque américaine, des dizaines de compagnies libanaises ont pris le risque d’aller à la découverte de ce paradis perdu, profitant d’une version allégée des sanctions et du désir d’ouverture des Irakiens. Quelques aventuriers témoignent.
«La première fois que j’ai visité Bagdad, j’ai été choqué ! Je m’attendais à voir une ville dévastée, vidée de toute civilisation, un peuple dépassé par les événements. J’ai été agréablement surpris par la qualité des infrastructures et le niveau d’éducation et d’ouverture du peuple irakien. L’état des routes, la signalisation, l’aéroport, les transports en commun sont ceux d’un pays qui a gardé, malgré l’embargo, le niveau de développement qu’il avait atteint avant la guerre du Golfe». Cette impression est celle d’un jeune cadre libanais, en mission en Irak depuis un an, chargé de monter une filiale de la société de distribution qui l’emploie.
Un constat partagé par plusieurs pionniers en visites régulières ou de prospection dans la capitale irakienne. Qui ont relevé le caractère contradictoire de cette économie en guerre. Ainsi, et presque à la veille de l’offensive américaine, la Foire internationale des produits industriels a accueilli, à Bagdad en novembre, des centaines d’exposants du monde entier dont 79 entreprises libanaises.
Depuis un an déjà, on assistait dans les hôtels de la capitale à une nette amélioration des services, encouragée par la fréquence de visiteurs : courant électrique moins aléatoire, lignes internationales plus accessibles. Dans les rues, on voit circuler depuis quelques mois de nouvelles voitures de taxi et on peut désormais accéder à Internet dans les bureaux des sociétés commerciales ou par le biais d’abonnements personnels.

Aléas du voyage

C’est pour dire qu’un commerçant libanais, à la recherche d’opportunités d’échanges avec l’ancienne Mésopotamie, n’a jusqu’à nouvel ordre rien à craindre côté sécurité et ne sera probablement pas dépaysé outre mesure durant son séjour.
Il aura néanmoins des préoccupations d’ordre pratique : «Il faudrait s’adapter aux aléas du voyage, se plaint un visiteur. Bien qu’il s’agisse a priori d’une destination proche (1 heure et demie de vol), la compagnie aérienne Sakr el-Khalij, qui dessert Bagdad à partir de Damas, applique des horaires très aléatoires, affichés souvent un quart d’heure seulement avant le décollage, en fonction du nombre de passagers. On finit par faire un voyage de 6 heures, l’attente à l’aéroport et le trajet en taxi jusqu’à Damas inclus». Sakr el-Khalij a été en fait créée par les Irakiens, en faisant usage de leurs propres avions commerciaux.
Cette compagnie utilisée principalement par les chiites d’Iran, effectuant un pèlerinage à Karbala et Najaf, est la seule qui opère des navettes journalières à partir de la Syrie. Deux autres compagnies effectuent un vol par semaine, notamment la jordanienne et la syrienne privée, Klink 2, généralement réservée aux VIP.
Arrivé à Bagdad, il est impératif de s’accommoder d’un nouveau type d’adaptation. «Si vous n’avez pas d’objection à passer la nuit dans un hôtel non rénové depuis 10 ans, se résigne un businessman qui, somme toute, a survécu à la guerre libanaise, il vous faut accepter que votre valise soit fouillée de fond en comble à la minute où vous quittez votre chambre, qu’un individu vous suive comme une ombre dans vos visites de marché et s’attable derrière vous lors de vos déjeuners d’affaires».
En fait, la menace américaine a aiguisé la vigilance du régime et, sous des apparences d’extrémisme anti-occidental, chaque étranger, même arabe, est surveillé de près dès son arrivée en ville.

Embargo
en accordéon

Les citoyens, amèrement réalistes, avouent pourtant que le fardeau de l’embargo s’est allégé au fil des ans. Il faut y voir l’effet du programme “pétrole contre nourriture” créé par les Nations unies, en vue d’assouplir les sanctions infligées au peuple irakien.
Ainsi, l’Irak peut exporter officiellement pour 2 milliards $ de pétrole tous les six mois. Les compagnies pétrolières importatrices versent le montant de leurs achats sur un compte séquestre géré à New York pour l’ONU par la BNP Paribas. Quand Bagdad s’approvisionne de médicaments et de produits de base, c’est l’ONU qui paie après avoir vérifié que la marchandise ne peut servir ni à réarmer l’Irak ni à augmenter sa capacité pétrolière. Au moment de l’expédition, les gardes-frontières de l’ONU vérifient, aux 4 points d’entrées en Irak (voir carte), la conformité des produits livrés. Il n’empêche que d’autres quantités de brut, difficilement estimables, passent à travers les frontières en contrebande. Ainsi qu’une quantité d’autres denrées et biens de consommation.
Grâce à ce troc, l’État irakien a mis en place un dispositif de rationnement très efficace qui couvre les besoins vitaux. Chaque famille irakienne reçoit une “ration alimentaire” mensuelle (sur la base d’une carte nominative), contenant riz, sucre, farine, laitages, savon, poudre à lessive et médicaments de base. Beaucoup bradent une partie de leurs colis chez les grossistes contre de l’argent. On retrouve ainsi sur le marché des produits alimentaires et de première nécessité de différentes origines vendus à des prix dérisoires.
La résolution 1409 adoptée par le Conseil de sécurité a autorisé l’importation de tout produit ne figurant pas sur une “liste noire” revue et corrigée (et tout récemment fin décembre dernier). Plusieurs pays en ont ainsi profité pour acheminer en Irak des marchandises de tout genre, soit par voie terrestre via la Jordanie, la Syrie et la Turquie, où les gardes-frontières onusiens sont moins vigilants, soit par voie maritime à partir de Dubaï, circuit sujet à des fouilles plus rigoureuses.
À part les voisins proches, des pays comme la Thaïlande, la Chine, Taïwan, ou l’Afrique du Sud, exportent vers l’Irak différents types de marchandises via la zone franche de Amman. Des compagnies internationales, en collaboration avec leurs agents en Jordanie, font de même.

Fantasia, Gandour
et les autres…

Pour leur part, les industriels libanais ont profité de l’assouplissement de l’embargo mais surtout du récent accord de libre- échange (concernant uniquement la production locale) signé entre le Liban et l’Irak. Les chiffres des exportations ne sont pas précis, mais seraient de l’ordre de 200 millions $ en 2002, soit presque le quart de nos exportations totales.
On retrouve ainsi dans les étalages des épiceries et mini-marchés bagdadiens des paquets de café Najjar, Daniel ou encore Rio, des chips Master et Fantasia, du chocolat Gandour, des boîtes de conserves, jus de fruit et détergents “made in Lebanon”.
Un secteur qui a été particulièrement exploité par les Libanais est bien celui des générateurs électriques. Forts de l’expérience libanaise de 15 ans de guerre, et profitant de la désuétude, faute d’entretien, des centrales électriques irakiennes, les plus grands fabricants libanais de générateurs ont répondu aux appels d’offres du gouvernement pour équiper les bâtiments publics ainsi que des régions entières dépourvues de courant. On y trouve ainsi quatre grands noms des spécialistes libanais dans ce domaine : Sakr, Ghaddar, Saccal et Jubaili.
«Sur ce créneau, les Libanais sont leaders, explique Makram Abdel Malak, chargé chez Jubaili-Beyrouth de coordonner avec le bureau ouvert sur place à Bagdad. Des fabricants turcs et russes ont essayé de percer, mais la concurrence se joue principalement entre 6 à 8 compagnies libanaises».
Par ailleurs, des agents distributeurs de marques internationales acheminent à Bagdad, à partir du stock prévu pour le marché libanais, différents produits importés approuvés par la liste de l’ONU. Rasoirs, insecticides, shampoing, savons, chocolats sont envoyés en petites quantités via la Syrie ou la Jordanie.
Un autre secteur que les autorités irakiennes sont en train de développer est celui du matériel bureautique où, depuis février 2001, un agent libanais d’Olivetti, entre autres, a fait son entrée. Ordinateurs, photocopieuses, fax se vendent par milliers au secteur public qui entreprend d’équiper ministères et administrations. «Une commande pour un seul ministère irakien vaut la moitié du volume que nous faisons pour tout le territoire libanais sur une année, se félicite Imad Ladkani, chargé du marché irakien chez Ladkani Offices Solutions. Malgré les difficultés que nous rencontrons et les marges réduites, le jeu vaut bien la chandelle».

Feuille de route

Mais comment procèdent ces sociétés, et quel serait le meilleur moyen d’opérer en Irak ? En fonction du secteur et du volume des affaires, plusieurs options se présentent :
• Créer une filiale ou une société sur place. Il faut noter que la loi irakienne interdisait jusqu’à tout récemment à un étranger de créer son entreprise en Irak ou d’acquérir des propriétés foncières (voir les dispositions de la nouvelle loi en encadré). Pour contrer cet obstacle, il fallait donc trouver sur place un partenaire irakien, opérant ou non dans le domaine d’activité requis, qui puisse servir de couverture et importer des marchandises en son nom. L’entrepreneur invisible devra gérer lui-même les affaires ou employer un homme de confiance – de préférence libanais – qui mènera l’opération sur place.
«Le risque est grand, avoue un compatriote basé à Bagdad, et il est capital de trouver une personne fiable et s’entourer de garanties. On peut contraindre par exemple le partenaire à investir de l’argent personnel dans la compagnie ou, mieux, lui réclamer en échange une garantie bancaire dans une banque internationale ou la cession d’un bien – immobilier ou autre (fonds de commerce, actions, bons du Trésor) – qu’il posséderait à l’extérieur de l’Irak d’une valeur égale au capital en jeu».
L’existence d’un partenaire facilite néanmoins l’introduction des produits sur le marché, la collecte de l’argent et, éventuellement, les relations avec le pouvoir politique. Cette formule est adoptée par plusieurs producteurs et exportateurs libanais qui ont des volumes importants à écouler sur le sol irakien. L’investissement initial est minime, le niveau des salaires et les prix de l’immobilier étant très bas : un employé est payé entre 35 et 90 $ par mois, le mètre carré de terrain en plein centre de Bagdad ne dépasse pas 50 $. D’ailleurs, des investisseurs libanais n’ont pas hésité à acquérir de larges parcelles.
Mais si on ne naît pas irakien, peut-on le devenir ? «Facilement, explique un entrepreneur. En résidant et travaillant 3 ans en Irak, quiconque a le droit de présenter une demande de naturalisation et l’obtenir. Plusieurs Libanais ont adopté cette option en envoyant un fils ou un parent travailler à Bagdad, dans le but de décrocher la nationalité pour ensuite transférer les parts d’un partenaire local au nom de la famille».
• Fournir des marchandises à l’État. Une autre façon d’être présent en Irak consiste à fournir des biens au gouvernement irakien, par le biais de contrats ponctuels, directement ou à travers des intermédiaires.
Mode d’emploi : le gouvernement irakien lance un appel d’offres dans le cadre du MOU (Memorandum of Understanding du programme “pétrole contre nourriture”), négocie les prix et signe le contrat. Celui-ci doit ensuite être approuvé à New York par la Commission des Nations unies prévue à cet effet. Une fois l’accord donné, une lettre de crédit est ouverte par l’ONU pour le compte du vendeur et un transfert du montant dû est effectué après la livraison.
L’État irakien peut également placer une commande dans le cadre du “protocole avec la Syrie”. Dans ce cas, même si une société libanaise est le fournisseur ou l’importateur des marchandises commandées, la transaction se fait par le biais d’une compagnie syrienne intermédiaire qui règle elle-même la facture au vendeur, moyennant une substantielle commission.
Autres moyens de perpétuer le business : il est possible de conclure des accords avec des revendeurs irakiens, sorte de grossistes qui alimentent les petites commandes tant du secteur public que du privé. Ou de vendre à une société irakienne ayant elle-même signé un contrat avec le secteur public, transaction payée en général à l’avance ou en espèces à la livraison.

Concurrence irrationnelle

Ces options paraissent de prime abord faciles, mais c’est sans compter avec les obstacles qui se dressent tant au niveau des formalités que sur le plan de la concurrence, des frais généraux visibles et occultes et des risques.
«En effet, reconnaît Imad Ladkani, si les contrats via les Nations unies sont les plus sûrs au niveau paiement, le temps nécessaire pour obtenir l’approbation est relativement long (entre un mois et un an)». Certains sont même refusés ou renvoyés pour une réévaluation en cas de doute sur l’utilisation possible de la marchandise concernée à des fins militaires. Qui aurait pu croire, par exemple, que des crayons mine ont été un moment refoulés à la frontière, car la matière première intérieure (graphite) peut être utilisée dans l’industrie militaire.
«D’autre part, poursuit le jeune cadre, la nécessité de recourir parfois aux services d’une compagnie syrienne implique, outre le paiement de commissions aux intermédiaires, un risque et un retard dans l’encaissement de la facture. C’est dommage que le gouvernement libanais ait tellement retardé la signature d’un protocole avec l’Irak, alors qu’un tel accord nous permettrait de vendre directement avec de meilleurs profits».
Car, bien que le volume acheminé en Irak soit alléchant, les marges, elles, ne font que rétrécir. Raison principale : des prix cassés lors des négociations et des taxes élevées au départ de Beyrouth. Lors d’un appel d’offres, et parmi 10 sociétés candidates, le gouvernement irakien procède à une présélection de 5 d’entre elles avant de les convoquer l’une après l’autre pour négocier les prix à la baisse. «Les sources ne manquent pas pour obtenir des offres alléchantes, remarque Ladkani, et tous les fournisseurs du monde sont accessibles aux Irakiens. Ils ont la possibilité de contacter n’importe qui en Europe ou aux États-Unis pour vous contraindre à brader vos prix». On en sort donc avec des marges minima.
«D’où la nécessité de s’installer sur place, précise Makram Abdel Malak, chez Jubaili. Entre notre représentant à Bagdad et notre bureau de Beyrouth, un incessant va-et-vient d’offres et de contre-offres se fait dans les 24 heures qui suivent l’ouverture des négociations».
Ce qui contribue le plus à réduire la marge des commerçants libanais, ce sont les taxes élevées au départ de la marchandise de Beyrouth et le coût du fret (voir tableaux). «Durant la Foire internationale de Bagdad à laquelle nous avons participé, raconte Imad Ladkani, nous avons fait part de nos tracas au ministre Béchara Merhej, qui présidait la délégation libanaise. Au même moment, la moitié de la marchandise dont nous avions besoin pour la foire était toujours retenue à la frontière syrienne, victime d’une paperasse inutile».
Obstacle majeur, puisque nous sommes en face d’une ruée agressive des entreprises basées aux Émirats et en Syrie qui profitent de taxes douanières inexistantes et de coûts de fret dérisoires. Une même expédition coûte deux fois moins cher à partir de Damas ou de Jebel Ali. Nos concurrents voisins bénéficient ainsi d’une plus grande marge de manœuvre dans leurs offres et également dans les délais de livraison.

Hommes de parole

Autre paramètre à prendre en compte : l’effondrement de la monnaie irakienne et la difficulté d’effectuer des transferts d’argent à l’étranger. Il y a 12 ans, la devise américaine valait 0,35 dinar. Aujourd’hui, elle en vaut entre 1 900 et 2 200. La plus grande unité monétaire étant le billet de 250 dinars (0,15 $), imaginez-vous en ville avec 200 $ en poche ou payant une facture en espèces. Ceci reste facile comparé à la nécessité de faire “sortir” les fonds amassés, les autorités irakiennes ayant depuis le début de l’embargo interdit les transferts d’argent à l’extérieur du pays.
De la chute vertigineuse des revenus résulte un pouvoir d’achat sans cesse détérioré. Heureusement, plusieurs secteurs sont subventionnés par l’État, comme l’essence, l’électricité, l’eau, les écoles, l’hospitalisation, les moyens de transport, ce qui permet aux ménages de recentrer leurs dépenses sur les produits de consommation de première nécessité. Les hauts revenus restent le privilège d’une petite élite que l’on retrouve dans le cercle du parti Baas et dans les familles qui vivent grâce aux transferts en dollars de parents expatriés. Ceux-là, aujourd’hui estimés à 6 millions, assurent la plus grande partie du cash-flow du pays.
Ces aléas auraient été très décourageants si, en échange, les Libanais n’avaient pas trouvé dans l’esprit commercial des Irakiens et leur sens des affaires une version plus perfectionnée de leurs propres qualités. Hospitaliers, généreux, bons viveurs, bons négociateurs, les Irakiens tiennent leurs promesses et font des affaires dans un climat de confiance et un attachement élevé aux valeurs humaines.
À la base, ils sont très éduqués, et l’embargo a entretenu paradoxalement leur désir d’ouverture, leur appétit de connaître et d’apprendre. Ayant joui jadis d’une économie plus ou moins ouverte, le marché irakien répond, même aujourd’hui, à des standards internationaux quant aux normes et spécifications à l’importation. Les autorités n’interviennent pas dans les affaires, à condition que vos activités ne soient mêlées ni à la politique ni au trafic d’armes ou de drogue. Le citoyen irakien est un consommateur moderne, sensible aux marques. Et la population active comporte un pourcentage élevé de femmes.
Ces nouveaux business qui s’installent en Irak sont-ils rentables ? «Pour le moment oui, avoue Imad Ladkani. Le volume est très important, même si les marges sont réduites. Le marché irakien est en pleine effervescence. S’y installer dès maintenant est un véritable défi mais aussi la meilleure façon de s’y assurer une place pour l’avenir». Car, avec un marché libanais saturé, les 23 millions de consommateurs irakiens potentiels et les ressources dont aura besoin le pays pour la reconstruction représentent une chance à saisir aujourd’hui par toute entreprise ayant des projets d’expansion. «L’avenir d’un créneau comme celui des générateurs est, à notre avis, florissant surtout après la levée de l’embargo, estime Makram Abdel Malak. Pour remettre les infrastructures sur pied, nous aurons la priorité». Avis partagé par tous les pionniers qui considèrent qu’il n’y aura pas de mérite pour ceux qui viendront en Irak quand la paix sera revenue.
En attendant, les travaux de construction ne s’arrêtent pas. Y compris, pour la petite histoire, une nouvelle mosquée tous les ans à la date d’anniversaire du Raïs, dans une ville du pays. Au centre de Bagdad, et à la place de ce qu’était jadis un aérodrome, un chantier grandiose est en cours qui donnera naissance en 2015 à la plus grande mosquée de la planète. De fiers patriotes aiment à prétendre que ses 4 minarets ressembleront à s’y méprendre à des missiles Scud.