L.I.B.A.N. est un sigle bien trouvé : Lebanese International Businessmen Associations’ Network.
Une association jeune de deux ans à but non lucratif. Mais dont l’activité, elle, si elle suit son cours, peut être hautement lucrative pour le pays.
Formée en majeure partie de jeunes entrepreneurs libanais, ou d’origine libanaise, cette association a les idées claires : encourager les investissements au Liban et stimuler les relations économiques avec les pays de la diaspora libanaise. À terme, il s’agit de créer un groupe de pression international, un lobby efficace, de composition élitiste. Ce projet de longue haleine a posé ses marques en créant déjà des “chapitres” à Chypre, en Turquie, en Irak, en Jordanie… Quant à ceux du Golfe et d’Afrique du Nord, ils sont en cours de création, prologues à une solide structure arabe. Qui pourra ensuite atteindre une dimension mondiale en englobant 50 pays visés à terme.
Tout ceci est louable, ambitieux, mais l’idée – d’un lobby libanais transnational – n’est pas inédite. Où se tient alors la particularité de L.I.B.A.N. ?
L’association est en fait structurée d’une façon originale. Elle est agencée en comités décentralisés, créés pour représenter chacun de ces pays, en collaboration avec l’ambassadeur du pays concerné à Beyrouth et le conseiller commercial. Ces derniers y occupent respectivement le rôle de président honorifique et de membre d’honneur. Chacun de ces comités, basés au Liban, sera présidé par un coordinateur et comprendra cinq membres ayant des intérêts économiques dans le pays en question.
En parallèle, verront le jour, dans les pays étrangers, des comités calqués sur le même modèle, dont les membres, de souche libanaise, tiennent une place prépondérante dans le monde des affaires ; mais regroupent en plus des membres-invités, ressortissants nationaux fine fleur de l’économie de leur pays. «Ces multiples comités, véritables ponts humains, pourront collaborer non seulement avec leurs homologues libanais, mais aussi entre eux, donnant lieu à des partenariats d’affaires, renforçant les intérêts libanais à l’étranger en créant une interaction mondiale entre Libanais», s’enthousiasme Robert Jreissati, avocat, président fondateur de L.I.B.A.N.
L’apport à l’économie se fera de manière indirecte par l’affluence de liquidités pour des projets intéressant les PME et les PMI, ou, dans certains cas, de grands investissements.
Base de données
L’association est pour le moment autofinancée par la contribution de ses membres et des donations. Mais elle a sollicité le concours technique d’organisations internationales, allant de la Banque mondiale aux différents organismes spécialisés de l’ONU, ainsi que l’Union européenne. Elle cherche à s’allier également à des associations similaires, telles que “Yes for Europe”, regroupant de jeunes entrepreneurs de toute l’Europe.
S’inscrit aussi dans ses projets à venir la création d’un Advisory Business Board, opérant dans le domaine des relations internationales, de la communication et de la gestion des ressources humaines, afin d’établir un plan d’action stratégique et une base de données reliant efficacement tous les investisseurs potentiels. La base de données, comprenant la liste des membres des divers comités avec leurs coordonnées, en plus d’une liste d’hommes d’affaires avec qui ils pourraient traiter, sera accessible sur le site de l’association (www.libanorg.org), ouvrant la voie ainsi au business-to-business.
Pour Robert Jreissati, «une telle solidarité entre jeunes Libanais, en dehors de tout sectarisme, peut empêcher la fuite de cerveaux en contribuant au développement économique du pays». Le défi est grand, mais, deux ans après son lancement, semble avoir réussi à fédérer un nombre impressionnant d’alliés.


