La success story du milliardaire algérien Rafic Khalifa,
36 ans, fils d’un héros de la révolution, élevé chez
les jésuites du collège Saint-Charles à Alger, suscite toutes les interrogations.

Après une fulgurante ascension dans son pays, Rafic Khalifa s’est récemment fait un nom en France. Comment cet homme, soi-disant sorti de la pharmacie de son père, a pu en dix ans fonder un empire ?
À partir de sa fabrique de médicaments, Rafic Khalifa a créé, en 1998, une banque (Khalifa Bank) qui pèse aujourd’hui 20 % des opérations bancaires du pays. Puis l’année suivante une compagnie aérienne (Khalifa Airways) qui rivalise désormais avec Air Algérie sur le marché intérieur et dessert nombre de destinations internationales dont sept villes en France.
Après avoir créé une société internationale de voitures de location, le groupe Khalifa s’est offert en juin dernier une partie du géant du BTP allemand Philip Holzman. Puis a confirmé sa branche communication par la création récente de Khalifa-TV qui a émis sans autorisation du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) jusqu’au 25 octobre dernier. Sponsor de l’Olympique de Marseille comme du club rugby de Bordeaux-Bègles à qui il a versé 150 000 euros par an pendant deux ans pour faire figurer la mention “Khalifa Airways” sur les maillots du club. Sans parler de sa passion pour le cinéma et même le vin.
Alors que l’industriel Issad Rebrab a mis trente ans pour construire Cévital, le deuxième groupe industriel privé algérien (2 500 salariés et 300 millions d’euros de chiffre d’affaires), Rafic Khalifa a décroché la première place en dix ans. Son groupe, qui a dépassé le milliard d’euros de chiffre d’affaires, en 2000, emploie désormais 12 000 personnes. Il est ainsi devenu le troisième employeur d’Algérie derrière les géants publics que sont Sonatrach (industrie pétrochimique) et Électricité d’Algérie.
Rafic Khalifa montre également sa capacité à se faire apprécier du petit peuple en fournissant aux Algérois en mal d’eau potable deux usines de dessalement achetées à l’Arabie saoudite et en cherchant à investir dans le secteur sinistré du logement.
Ce “jouisseur mégalo” pour certains, ou “blanchisseur pour le compte d’on ne sait qui” pour d’autres, projette également de fonder une ville nouvelle à 150 kilomètres d’Alger pour en faire une plaque tournante du trafic aérien vers l’Afrique. Et il n’a pas l’air de vouloir décélérer…

R. H.
Source : Presse française.