Un monde à la frontière du design, du commerce, de l’esthétique et du marketing.
Le secteur international du meuble s’est dévoilé au Salon de Paris, qui s’est tenu la deuxième
semaine de janvier. Impressions.
Le plus simple lorsqu’on veut insister sur l’importance d’un salon, c’est d’aligner des chiffres : 1 250 exposants, dont 50 % d’étrangers (de 40 pays) ; 50 000 visiteurs, dont 15 000 étrangers (de 100 pays). La signification première, qui saute aux yeux, c’est qu’il s’agit d’un salon véritablement international. Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire.
Un salon, c’est pour conclure des contrats – ou, au pire, de faire les premiers contacts et de scruter les tendances. Apparemment, la France semble défavorisée par rapport à l’Allemagne où se tient le grand Salon de Cologne (juste au lendemain du Salon de Paris, par une heureuse collaboration). C’est que la taille du secteur en Allemagne est trois fois supérieure à celui de la France (35 milliards d’euros contre 9,2 milliards). Mais, selon les spécialistes du design, les tendances européennes de l’ameublement se font désormais en France… en deuxième position après l’Italie. Ce qui donne au Salon de Paris une signification qui dépasse les chiffres. Mais de quelles tendances parle-t-on au juste ?
C’est en fait la poursuite du confort-doudoune exprimée par l’ensemble de ces slogans disséminés sur les stands : la Dolce Vita, The Art of Living, Skin Sensation, etc. Autrement dit, c’est l’ergonomie de votre monde intérieur, à la limite de l’égocentrisme, mais flanquée d’une myriade de gadgets high-tech pour déguster votre Home Movie et recevoir vos e-mails dans les meilleures conditions, à travers un ensemble de pièces modulables, comme dans une Renault Espace.
Mais cette tendance ne saurait être unique, car le consommateur mondial ne l’est pas… malgré la mondialisation. Et la règle du jeu, c’est de suivre au plus près ces mutations des habitudes de consommation, dans chacune des pièces qui forment notre intérieur, et au meilleur prix. C’est ce qui a fait la réussite de pays “secondaires” comme la Pologne et le Mexique, mais également la Chine, leader mondial du secteur, désormais.
Pas de Libanais
Le monde arabe devant ces dinosaures semble bien modeste, simple consommateur (2,8 milliards $ d’importations dans les pays du Golfe). Mais les Émirats arabes unis semblent se frayer un chemin avec ses 216 usines et ses 500 millions $ d’exportations propres. Sa présence au salon était peut-être symbolique mais significative quand même. Il en va de même pour la présence égyptienne et syrienne (5 stands pour chacune), et une satisfaction exprimée des industriels syriens qui font le voyage pour la première fois. Mais aucune présence libanaise, en dépit de notre haute valeur ajoutée. Pourtant, le représentant du Salon de Paris dans notre région a frappé à toutes les portes industrielles : «L’industrie libanaise a sa place dans un tel salon international», martèle Jean Sarhan. Encore faut-il faire preuve d’un peu plus d’agressivité commerciale…


