Parmi la myriade de produits boursiers particulièrement affectionnés ces temps-ci figurent en bonne place les options. C’est peut-être un peu spéculatif, mais l’espérance de gain est conséquente. Explications.

L’option est un contrat qui lie deux parties, un vendeur et un acheteur – potentiel. Potentiel, car l’acheteur jouit du droit (non de l’obligation) “d’exercice”, c’est-à-dire de réaliser l’acte d’achat. C’est pourquoi, on l’appelle “option”. Mais qu’est-ce qu’on achète au juste ?

Les options peuvent concerner des taux d’intérêt ou des devises et certaines matières premières (commodités), qui sont cotées sur le marché du comptant (immédiat) et du terme (à échéance). On achète en fait quelque chose dont le prix n’est pas encore connu, puisqu’il est situé dans le futur.

L’option est fonction de trois données :
- La prime (premium) : l’acheteur potentiel verse une somme, appelée prime, qui est une sorte de mise de départ au profit du vendeur. La prime, variable, est fixée par le marché en fonction de l’offre et de la demande.
- Le prix d’exercice (strike price) : c’est le choix de l’acheteur ; il est fixé au moment de la transaction d’achat et de vente de l’option.
- L’échéance, qui peut être de courte ou de moyenne durée.

L’option est traitée à travers des intermédiaires financiers ; elle se présente sous deux formes : le Call et le Put. Prenons un exemple virtuel relatif au marché de l’or qui a connu il y a quelques mois une flambée des prix, soutenue par la tension internationale (l’affaire irakienne).

Scénario en or

Le 20 février 2003, à 10 heures du matin, l’or était coté 370 $ l’once au comptant (spot) et 372 $ s’il est livré deux mois plus tard (échéance avril). Les contrats à terme de l’or se traitent par 100 onces et multiples.

Un investisseur prévoit une hausse (à 400 $), alors qu’un autre croit à une baisse (à 330 $) du prix jusqu’à l’échéance d’avril. Les deux ne souhaitant pas s’engager sur un prix, mais sur une “tendance”, agiront ainsi :

- Le haussier achètera une option Call, prix d’exercice 400 $ l’once échéance avril. Il devra payer, lors de la transaction, une prime de, disons, 450 $ pour l’ensemble du contrat de 100 onces.
- Le baissier achètera une option Put, prix d’exercice 330 $ l’once échéance avril. Il devra payer, lors de la transaction, une prime, par exemple de 275 $ pour l’ensemble du contrat de
100 onces.
Dans les deux cas, la prime a été versée au vendeur de l’option, plus ou moins la commission de l’intermédiaire financier. À tout moment séparant la date du contrat à son échéance (de février à avril) :
1) Si le prix de l’or échéance avril dépasse le seuil des 400 $, l’acheteur de l’option Call a le droit “d’exercer”, en requérant donc du vendeur de l’option de lui livrer 100 onces à 400 $ l’once. Le profit pour l’acheteur découle de la différence entre le cours du moment (supérieur à 400 $) et le prix d’exercice (400 $).
2) Si le prix n’a pas atteint les 400 $, l’acheteur n’exerce pas son option, donc n’achète pas, et il aurait ainsi limité sa perte à sa mise initiale (la prime payée + la commission de l’intermédiaire).
3) Si le prix de l’or échéance avril a crevé vers le bas le plancher de 300 $, l’acheteur de l’option Put a le droit “d’exercer” en requérant du vendeur de l’option de lui prendre les 100 onces à 330 $ l’once. Le profit de l’acheteur découle de la différence entre le prix d’exercice (330 $) et le prix du moment (inférieur à 330 $). Si le prix n’est pas arrivé à 330 $, cet acheteur aurait, là aussi, limité sa perte à sa mise initiale (la prime payée + la commission de l’intermédiaire).

Dans les deux cas, le risque du vendeur d’option est grand. Pour cela, il doit, sitôt le prix du marché tendant vers le prix d’exercice, et en vue de limiter son éventuelle perte, réagir en se couvrant sur le marché du comptant ou du terme, ou bien en inversant son option.

Le marché des options a connu une telle ampleur que le nombre d’intervenants ne cesse de se développer. Les banques y ont souvent recours sur le marché monétaire international pour se prémunir contre les mouvements de taux d’intérêt pouvant directement affecter leurs investissements.


(*) Directeur de La Financière SARL.