L’autre richesse du monde arabe est encore à peine exploitée. Une récente étude de Booz, Allen & Hamilton ouvre les horizons. Le principal obstacle reste
le sous-développement de certaines infrastructures nécessaires à l’utilisation intensive du gaz.
Avec une part qui devra atteindre 28 % de l’offre mondiale de l’énergie, le gaz se rapproche du pétrole qui stagne aujourd’hui à 40 % de part de marché. Mais le Moyen-Orient est doté des deux sources d’énergie. Un tiers des réserves mondiales de gaz naturel se situe dans la région : Iran, Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Algérie, Égypte, Koweït, Libye et Oman.
Soumis à une forte pression et à une basse température, le gaz naturel est liquéfié et peut être ainsi transporté par voie de mer. Malgré l’augmentation ces dix dernières années du coût de transport, le gaz naturel liquéfié (GNL) demeure un moyen de transport plus compétitif que les gazoducs sur les longues distances.
Et la compétition entre les nouveaux projets de GNL permet aux principaux acheteurs de négocier des prix plus bas et des contrats sur le long terme. À titre
d’exemple, le prix du GNL livré au Japon a chuté en moyenne de 3 % annuellement au cours des 15 dernières années.
Le transport par gazoducs facilite en revanche le développement d’un marché plus régional. En attendant la mise en place d’un futur axe de transport gazier Égypte-Levant-Turquie ou Iran-pays voisins, le projet appelé “Dolphin” relie plusieurs marchés dans le sud du Golfe arabe. Il devrait ainsi permettre de développer un réseau de gaz naturel en ligne avec la demande croissante des centres régionaux.
Une manne pour l'industrie
Avec des prix variant entre 0,75/1,50 dollar par MMBTU (comparé à 2,70 $ au Royaume- Uni et 3 $ aux États-Unis), les industries pétrochimiques à forte consommation d’énergie devront toujours se concentrer au Moyen-Orient. De telles industries en Iran et en Arabie saoudite sont ainsi plus avantagées que les industries européennes et asiatiques de même nature. Il est, par exemple, moins cher pour la Corée du Sud d’importer une tonne de polyéthylène produite en Arabie saoudite que de la fabriquer localement, malgré le coût du transport.
Parallèlement, la majorité des nouvelles fonderies d’aluminium est concentrée dans le Golfe. Dubaï (EAU) ou Alba (Bahreïn) prévoient d’ailleurs d’augmenter leurs capacités dans ce domaine dans les années à venir.
Le passage au gaz naturel comme carburant aux industries est un processus peu coûteux par rapport aux bénéfices qu’on peut en tirer. Les prix courants pratiqués sont près de 4 fois plus bas que les prix d’une énergie comme le fuel. De plus, le gaz naturel offre un meilleur rendement et ses émissions sont bien moins toxiques.
Mais le principal obstacle reste, dans la plupart des pays de la région, le sous-développement de certaines infrastructures nécessaires à l’utilisation intensive du gaz. Un obstacle qui peut être contourné par un mécanisme peu usité jusqu’à maintenant : la production décentralisée. Une nouvelle ère énergétique serait alors inaugurée.


