Tapirama c’est un peu le miroir du secteur des tapis. Car ce nom, le plus connu du marché depuis 25 ans, couvre presque toutes les origines, les variétés et tous les niveaux de prix. Ce qui ne l’empêche pas d’être perturbé par la conjoncture. Le point sur l’aventure des Khanamirian.
Son réseau est unique au Liban : 6
magasins sous l’enseigne
Tapirama, répartis sur tout le territoire,
proposant probablement la plus
grande variété jamais rassemblée dans un
seul endroit. Car l’origine des tapis est
plurielle : Iran, Cachemire, Afghanistan,
Chine, Pakistan, Turquie, Arménie,
Belgique, Allemagne… Des tapis de fabrication
industrielle, mais aussi fait main,
en plus de la moquette, du vinyle et du
papier peint. Pour illustrer cette diversification,
on indique chez Tapirama que le
prix du mètre carré varie entre 6 et 190 $.
Tapirama est aussi l’agent exclusif de
deux marques de tapis. La première est
Osta Carpets, qui est une entreprise belge,
l’une des entreprises les plus connues
dans le secteur du tapis européen, avec
un prix de vente par mètre carré variant
(hors TVA) entre 40 et 170 $. La deuxième
marque est l’Oriental Weavers : une société
égyptienne qui produit des tapis très
variés, et à tous les prix, compris entre 6
et 100 $ le mètre carré.
On trouve même chez Tapirama des tapis
tissés localement, mais respectant certaines
spécifications bien précises établies
au préalable, concernant les designs,
les couleurs. Et une exclusivité
exigée de l’unité de production. Comme
le résume Jamil Atallah, directeur marketing,
Tapirama vend des tapis de qualité,
même si le prix paraît un peu élevé
pour certaines pièces. Il assure que le
rapport qualité/prix a toujours fait la
force de l’entreprise. Une force acquise
en un quart de siècle.
Tout avait débuté dans les années 70 : la
société fondée par Albert Khanamirian a
commencé à vendre des tapis dans des
exemple sur le marché des tapis en provenance
de Syrie ou d’Arabie saoudite,
peu chers mais de qualité moyenne
ou médiocre et parfois sans
normes de sécurité, notamment
en ce qui concerne
l’inflammabilité du tissu.
Pour compliquer le tout, il
ne faut pas négliger la
marchandise qui rentre
sur le marché local
clandestinement à
travers la frontière
syrienne.
Résultat de
cette conjoncture
difficile :
Tapirama a
réduit les effectifs à
70 employés, contre 125 il y
a quelques mois encore. Et le
magasin de Zahlé a fermé ses
portes, car les ventes ne justifiaient
plus l’investissement.
Pour faciliter et promouvoir
les ventes, Tapirama relance
une campagne médiatique,
et accorde des crédits sur
12 ou 36 mois, grâce à un
accord avec des banques.
Mais Tapirama tente de compenser la
baisse du marché des particuliers par un
autre créneau. Elle s’est placée ainsi,
depuis 4 ans, sur le marché des grands
projets : moquette et tapis dans de grands
hôtels, comme le Phoenicia. Elle tente
aussi de se lancer dans des projets à
l’étranger, notamment en Irak, pour équiper
les hôtels en tapis et moquette. Mais
on est encore là au stade des préparatifs,
en attendant l’issue de la situation.
stands, dans les coopératives de l’armée.
Et puis, en 1975, Tapirama a été
créé à Badaro, où le premier
point de vente a été
ouvert. Le succès a été
immédiat, puisque
des succursales
vont se succéder
rapidement à
Jounieh, Antélias,
Bourj-Hammoud,
Tripoli, puis Zahlé.
En 1976, une nouvelle
société sera
créée, House Tex,
qui complète l’offre
par sa panoplie de
linge de maison.
LE CRÉNEAU
DES HÔTELS
Malgré tous ces atouts, et un historique
sans faille, Tapirama semble traverser une
mauvaise passe ; mais, selon Jamil
Atallah, c’est en fait tout le secteur qui
passe par une véritable crise : charges
fixes élevées des entreprises, TVA et taxes
douanières lourdes, au moment où la production
libanaise est encore embryonnaire,
tant par la quantité que par la qualité.
En fait, les tapis subissent un taux de
douane variable en fonction de l’origine.
Par exemple, ceux qui sont en provenance
de Belgique ont un taux de douane de
25 % (+10 % de TVA). Par contre, les tapis
importés d’Égypte ont un taux douanier de
7 %, ce qui est en ligne avec l’ensemble
de nos importations arabes, depuis qu’on
a signé l’accord de libre-échange interarabe.
C’est pour cela qu’on trouve par
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