Le point sur… LES HYDROCARBURES
Le secteur pétrolier et gazier en Syrie passe par des fluctuations
qui dépendent du contexte régional. Mais ceci n’empêche
pas les autorités à définir une vision d’avenir.
Jusqu’à la guerre américaine en Irak (2003), les exportations de brut
irakien par l’oléoduc Kirkouk-Banias permettaient à la Syrie de compenser
la faiblesse de sa production nationale (estimée à 480 000 b/j)
en raffinant localement du brut irakien (150 000 b/j) obtenu à tarif
préférentiel. Ceci lui permettait également d’exporter une part relativement
importante de sa production au cours international.
Concernant le gaz, les réserves étaient estimées en 2002 à 240 milliards
de m3 contre 600 milliards actuellement, alors que les réserves
de pétrole confirmées étaient évaluées à 2,5 milliards de barils.
Projets gaziers : le gaz n’est utilisé que pour alimenter les centrales
électriques – que le gouvernement souhaite convertir en cycle combiné
– et la seule usine d’engrais du pays. Une petite partie est exportée
vers le Liban : 1,5 million de m3, une quantité qui devrait atteindre
3 millions, puis 6 millions dans les prochaines années. Le projet des
Palmyrides, dont la production anticipée est de 6, puis 12 millions de
m3 par jour après 5 ans devrait permettre à la Syrie d’équilibrer production
et consommation. Certains experts s’interrogent toutefois sur
les capacités syriennes d’exportation de gaz, car les projections de la
demande font état d’un besoin local de 34 millions de m3 par jour en
2015. Un autre grand projet gazier est en cours à Palmyre, avec une
production prévue de 20 à 30 millions de m3.
Projets pétroliers : les derniers contrats d’exploration et de forage
ont été emportés par des entreprises sans grande envergure internationale.
Deux nouveaux petits puits pétroliers ont été découverts :
l’un à Soukhné proche de Palmyre et le second au sud-est de
Hassaké. Le gouvernement prévoit le développement des raffineries
de Banias et de Homs, la construction d’une nouvelle à Deir ez-
Zor ainsi que la création d’une unité pétrochimique. L’objectif est de
développer des activités à plus forte valeur ajoutée.
Consommation : un excédent d’essence et de fuel existe dans le
pays. Cependant, les importations de mazout s’élèvent à près de 2,5
millions tonnes/an, produit très coûteux en devises. Le gouvernement
a donc pris des mesures
draconiennes contre les
réexportations clandestines
vers le Liban.
Exportations : le pourcentage
des exportations
de pétrole léger a
légèrement fluctué
durant les dix dernières
années. En 2003, les
ventes d’hydrocarbures
ont représenté 71 % des
recettes totales d’exportation
du pays.
Un plan stratégique a été
mis en place, il prévoit :- la substitution du gaz à l’essence pour les voitures dans les
grandes villes ;
- le développement des énergies renouvelables (éolienne, solaire et
biomasse) ;
- l’exploitation d’autres ressources minières.
Par ailleurs, le transit du gaz et du pétrole irakien, voire saoudien,
par le territoire syrien, à destination du marché européen, permettrait
à la Syrie d’obtenir de nouvelles ressources financières. Et de
développer par la même occasion son industrie pétrochimique.


