POUR UN TOURISME LIBANO-BRÉSILIEN
L’édition de décembre 2005 du Commerce du Levant
nous informe sur un plan d’action Pour un tourisme
libanais tout au long de l’année. La première observation à
faire, pour nous qui sommes à l’hémisphère Sud, est que
les flux bilatéraux de tourisme entre le Liban et le Brésil
sont absolument possibles, profitables et complémentaires.
Les mois de vacances et le climat des deux régions sont
favorables au tourisme. Mais le plus grand obstacle est l’absence
de vision des deux côtés.
On exagère, au Liban, quand on estime le nombre de
Libanais et leurs descendants résidents au Brésil, quelquefois
pour des raisons politiques ou sectaires. Mais il faut
considérer que ce ne sont pas seules les personnes liées au
Liban qui peuvent former un courant de tourisme partant du
Brésil, étant donné que les Brésiliens de toutes origines parlent
de notre première patrie avec sympathie et il ne faut
que les inciter un peu pour qu’ils franchissent le pas et fassent
le voyage. Dans l’autre sens, le touriste libanais n’imagine
pas tout ce que le Brésil peut offrir d’attractif.
Actuellement, les Brésiliens de souche vont en vacances aux
États-Unis où ils sont considérés des indésirables hispanicos
et soumis à des traitements honteux à l’entrée et à la sortie.
Quant aux Libanais, ils sont forcés à mendier des visas pour
aller en Europe où ils ne sont pas non plus les bienvenus.
Considérons donc les deux points suivants qui montrent très
bien les problèmes du tourisme entre nos deux pays.
Je suis brésilien de naissance et libanais par appartenance,
selon la définition d’Amin Maalouf, et, chaque fois que j’arrive
au Liban, presque tous les ans, pour des vacances et
pour rendre visite à ma famille, ma femme, qui est brésilienne,
est soumise à des formalités contraignantes. Et ceci
en dépit du fait qu’elle présente aux autorités un billet allerretour,
une adresse privée au Liban (avec téléphone pour
contact) et un montant sous forme de cash, en plus qu’elle
est accompagnée de son mari (citoyen libanais). Elle est
soumise au processus d’obtention d’un visa, ce qui dure une
trentaine de minutes ; et nos valises sont fouillées systématiquement,
ce qui prend autant de temps. On essaye de
nous justifier cette rigueur en disant que le Brésil est sur la
route du trafic illicite !
Si on part du Brésil vers le Liban, on est obligé de passer
par au moins une capitale européenne, ce qui rend le voyage
plusieurs heures plus long, et plusieurs centaines de dollars
plus cher. Or, le Liban et le Brésil, deux pays avec possibilité
encore une fois de flux touristiques pendant toute
l’année, pourraient bénéficier d’une bonne promotion, en
commençant par rétablir la ligne aérienne aller-retour São
Paulo-Abidjan-Beyrouth. Or, les gouvernements des deux
pays excellent en discours démagogiques pendant les
visites des chefs d’État et renouvellent toujours la promesse
de le faire, mais restent soumis aux caprices et intérêts des
compagnies aériennes.
(*) José Farhat, né et résident au Brésil, est entrepreneur et politologue.


