De plus en plus nombreux, les producteurs libanais proposent chaque été davantage de concerts prestigieux. Un business à rentabilité variable.

Pour l’organisation de son premier événement à Beyrouth, Dany B, un producteur libanais qui a fait ses armes à Las Vegas et Los Angeles, a payé le prix fort. Plus de 500 000 dollars de cachets pour s’offrir l’une des plus grandes figures de la scène hip-hop américaine, le rappeur 50 Cent, et deux vedettes libanaises, Haïfa Wehbé et Guy Manoukian. La soirée du 10
juin au Biel aurait réuni plus de 10 000 spectateurs selon le producteur qui affirme avoir réalisé plus d’entrées que prévu. Mais le chiffre étonne ses concurrents. Au Liban, le marché est restreint. Un artiste francophone fait rarement vendre plus de 4 000 billets et un anglophone plafonne généralement à 5 000.

Difficile dans ces conditions d’amener des stars aux prix prohibitifs. Le record en la matière est détenu par Madonna : trois millions de dollars le concert. Elle est suivie par les Rolling Stones et U2 : environ un million et demi de dollars la soirée. Si ces vedettes restent inaccessibles pour le Liban, les producteurs ont quand même réussi à se payer de grands noms. Ils ont déboursé 1,2 million de dollars pour Pavarotti, 450 000 pour Elton John, 400 000 pour Roger Waters du groupe Pink Floyd ou encore 280 000, plus récemment, pour le sex-symbol latino Ricky Martin.

Un festival, comme celui de Beiteddine, consacre en moyenne 30 % de son budget aux cachets des artistes qui incluent parfois les frais de déplacement du chanteur, de l’ensemble de son équipe et le transport du matériel. Mais le plus souvent, ces coûts ne sont pas compris. Les producteurs doivent donc prévoir des dizaines de milliers de dollars de billets d’avion pour les musiciens, les ingénieurs du son, les techniciens de la lumière et autres managers. Pour quelqu’un de la trempe de Johnny Hallyday, il faut compter une suite d’une cinquantaine de personnes, toutes nourries, logées et blanchies par l’organisateur du spectacle pendant la durée du séjour, soit deux à trois jours en moyenne.

Après le cachet, c’est l’aménagement des salles de concert qui tient la place la plus importante dans le budget des producteurs. Rares sont les espaces prêts à l’emploi qu’il suffit de louer. À Beyrouth, les salles sont trop petites pour accueillir des chanteurs susceptibles d’attirer plusieurs dizaines de milliers de spectateurs. Le producteur, qui compte en grande
partie sur la billetterie pour rentrer dans ses frais, est donc obligé d’aménager un espace plus vaste comme le Biel, le Forum de Beyrouth, voire la Cité sportive qui a par exemple été
choisie pour Pavarotti, en 1999. Pour accueillir le maestro, Jihad Murr avait consacré 200 000 dollars à la construction de la scène, des décors, des tribunes et au rafraîchissement
de la pelouse.

Dernier poste de dépense : la technique. Car si les artistes apportent du matériel dans leurs bagages, certains instruments, les enceintes, les tables de mixage, les spots lumineux, sont généralement fournis sur place par des entreprises locales. Chaque groupe a des exigences très précises en la matière, détaillées sur deux fiches : l’une pour le son, l’autre pour la lumière. Elles sont envoyées à l’avance et font partie intégrante du contrat. Chaque été, lors du Festival de Byblos, le directeur artistique, patron de Buzz Production, Nagi Baz, consacre un budget de 70 000 dollars pour le son et la lumière. Au total, l’organisation du festival lui coûte au moins 800 000 dollars : 100 000 dollars pour l’installation des gradins et de la scène ; entre 500 000 et un million de dollars de cachets ; 100 000 dollars de frais de déplacement ; et entre 50 000 et 100 000 dollars pour la publicité.

De tels investissements ne sont pas rentables sans l’intervention des sponsors ou celle de l’État. Dans le cas du Festival de Beiteddine, les entreprises partenaires ont apporté 350 000
dollars en 2005, une année relativement pauvre de ce point de vue, alors que les recettes de la billetterie ont représenté 200 000 dollars de plus. Banques, compagnies aériennes, hôtels, chaînes de télévision, marques de cigarettes, de vin ou encore de voitures, proposent soit des remises sur certains services, soit un soutien financier. En échange, ils demandent que leurs logos apparaissent sur les programmes des spectacles, les panneaux d’affichage ou encore les billets, s’offrant ainsi une visibilité importante auprès d’une cible majoritairement jeune, au porte-monnaie bien rempli.

Mais l’objectif pour tous les producteurs reste d’attirer le maximum de gens parmi les classes aisées et occidentalisées de la population. Les places démarrent généralement à 30 dollars, un prix comparable à ce qui se pratique ailleurs, mais un contingent relativement gros est vendu nettement plus cher : jusqu’à 300 dollars parfois pour un siège à quelques dizaines de mètres de la star qui fait les beaux jours des tops 50 américains ou européens. « Ce n’est jamais gagné d’avance. Même avec des groupes comme Massive Attack ou Placebo, nous avons été déficitaires », insiste Nagi Baz. « Nous faisons ce métier risqué par passion avant tout. » Le directeur de Buzz Production se tourne donc vers l’exportation. Il assure par exemple réaliser l’essentiel de son chiffre d’affaires à l’étranger, notamment grâce à la tournée de la Star Academy régionale qui a conquis plus de 150 000 spectateurs l’année dernière dans le monde arabe.

Dernier poste de dépense : la technique. Car si les artistes apportent du matériel dans leurs bagages, certains instruments, les enceintes, les tables de mixage, les spots lumineux, sont généralement fournis sur place par des entreprises locales. Chaque groupe a des exigences très précises en la matière, détaillées sur deux fiches : l’une pour le son, l’autre pour la lumière. Elles sont envoyées à l’avance et font partie intégrante du contrat. Chaque été, lors du Festival de Byblos, le directeur artistique, patron de Buzz Production, Nagi Baz, consacre un budget de 70 000 dollars pour le son et la lumière. Au total, l’organisation du festival lui coûte au moins 800 000 dollars : 100 000 dollars pour l’installation des gradins et de la scène ; entre 500 000 et un million de dollars de cachets ; 100 000 dollars de frais de déplacement ; et entre 50 000 et 100 000 dollars pour la publicité.

De tels investissements ne sont pas rentables sans l’intervention des sponsors ou celle de l’État. Dans le cas du Festival de Beiteddine, les entreprises partenaires ont apporté 350 000
dollars en 2005, une année relativement pauvre de ce point de vue, alors que les recettes de la billetterie ont représenté 200 000 dollars de plus. Banques, compagnies aériennes, hôtels, chaînes de télévision, marques de cigarettes, de vin ou encore de voitures, proposent soit des remises sur certains services, soit un soutien financier. En échange, ils demandent que leurs logos apparaissent sur les programmes des spectacles, les panneaux d’affichage ou encore les billets, s’offrant ainsi une visibilité importante auprès d’une cible majoritairement jeune, au porte-monnaie bien rempli.

Mais l’objectif pour tous les producteurs reste d’attirer le maximum de gens parmi les classes aisées et occidentalisées de la population. Les places démarrent généralement à 30 dollars, un prix comparable à ce qui se pratique ailleurs, mais un contingent relativement gros est vendu nettement plus cher : jusqu’à 300 dollars parfois pour un siège à quelques dizaines de mètres de la star qui fait les beaux jours des tops 50 américains ou européens. « Ce n’est jamais gagné d’avance. Même avec des groupes comme Massive Attack ou Placebo, nous avons été déficitaires », insiste Nagi Baz. « Nous faisons ce métier risqué par passion avant tout. » Le directeur de Buzz Production se tourne donc vers l’exportation. Il assure par exemple réaliser l’essentiel de son chiffre d’affaires à l’étranger, notamment grâce à la tournée de la Star Academy régionale qui a conquis plus de 150 000 spectateurs l’année dernière dans le monde arabe.

Dernier poste de dépense : la technique. Car si les artistes apportent du matériel dans leurs bagages, certains instruments, les enceintes, les tables de mixage, les spots lumineux, sont généralement fournis sur place par des entreprises locales. Chaque groupe a des exigences très précises en la matière, détaillées sur deux fiches : l’une pour le son, l’autre pour la lumière. Elles sont envoyées à l’avance et font partie intégrante du contrat. Chaque été, lors du Festival de Byblos, le directeur artistique, patron de Buzz Production, Nagi Baz, consacre un budget de 70 000 dollars pour le son et la lumière. Au total, l’organisation du festival lui coûte au moins 800 000 dollars : 100 000 dollars pour l’installation des gradins et de la scène ; entre 500 000 et un million de dollars de cachets ; 100 000 dollars de frais de déplacement ; et entre 50 000 et 100 000 dollars pour la publicité.

De tels investissements ne sont pas rentables sans l’intervention des sponsors ou celle de l’État. Dans le cas du Festival de Beiteddine, les entreprises partenaires ont apporté 350 000
dollars en 2005, une année relativement pauvre de ce point de vue, alors que les recettes de la billetterie ont représenté 200 000 dollars de plus. Banques, compagnies aériennes, hôtels, chaînes de télévision, marques de cigarettes, de vin ou encore de voitures, proposent soit des remises sur certains services, soit un soutien financier. En échange, ils demandent que leurs logos apparaissent sur les programmes des spectacles, les panneaux d’affichage ou encore les billets, s’offrant ainsi une visibilité importante auprès d’une cible majoritairement jeune, au porte-monnaie bien rempli.

Mais l’objectif pour tous les producteurs reste d’attirer le maximum de gens parmi les classes aisées et occidentalisées de la population. Les places démarrent généralement à 30 dollars, un prix comparable à ce qui se pratique ailleurs, mais un contingent relativement gros est vendu nettement plus cher : jusqu’à 300 dollars parfois pour un siège à quelques dizaines de mètres de la star qui fait les beaux jours des tops 50 américains ou européens. « Ce n’est jamais gagné d’avance. Même avec des groupes comme Massive Attack ou Placebo, nous avons été déficitaires », insiste Nagi Baz. « Nous faisons ce métier risqué par passion avant tout. » Le directeur de Buzz Production se tourne donc vers l’exportation. Il assure par exemple réaliser l’essentiel de son chiffre d’affaires à l’étranger, notamment grâce à la tournée de la Star Academy régionale qui a conquis plus de 150 000 spectateurs l’année dernière dans le monde arabe.

Lire aussi : Clotaire K, rappeur francolibanais : « Le public libanais est sensible aux modes »

Le quart des prix des billets va à l'État

Les trois festivals internationaux d’été – Baalbeck, Beiteddine et Byblos – bénéficient de subventions étatiques au titre de leur contribution à la promotion de la culture et du tourisme. Cette aide est cruciale pour équilibrer les comptes, disent les organisateurs. Elle est généralement versée après la saison et permet de rembourser les prêts contractés auprès des banques avant la tenue des concerts. « En principe, l’État devrait nous donner un tiers de notre budget. Pour 2004, nous n’avons encore rien reçu. Pour 2005, on nous a parlé de 300 000 dollars », explique Nora Joumblatt, présidente du comité du Festival de Beiteddine.

S’ils ont appris à vivre avec les délais de paiement, les trois grands festivals s’insurgent cette année contre la décision du gouvernement de les assujettir à des impôts et des taxes dont ils étaient exemptés tacitement jusqu’à présent. Depuis deux mois, l’État réclame l’application stricte de la loi fiscale sur les événements musicaux : 7,5 % sont dus sur les contrats signés avec les artistes, autant sur les frais d’hôtels, 300 000 livres pour le visa de chaque artiste, un million de livres de garantie bancaire pour chaque artiste, 10 % de TVA sur chaque billet vendu et 5 % de taxes municipales. Au total, 26 % du prix de chaque billet est reversé à l’État.

Les représentants de Baalbeck, Beiteddine et Byblos ont demandé l’intervention du ministre du Tourisme, Joe Sarkis. « Nous ne pouvons pas nous acquitter de ces frais. Si nous n’avons plus suffisamment d’argent pour poursuivre nos activités, nous arrêterons, c’est tout », explique Nora Joumblatt.

Interrogé par Le Commerce du Levant, Joe Sarkis affirme que le gouvernement envisage d’augmenter les subventions versées aux festivals, pour compenser les taxes qui sont désormais réclamées par les autorités financières.


Personne n’a franchi la barre des 20 000 spectateurs

Aucune star n’a jamais attiré un public supérieur à 20 000 personnes au Liban. L’un des plus anciens et des plus prestigieux festivals, celui de Baalbeck, rassemble, en moyenne, 40 000 spectateurs sur l’été. Son plus gros succès reste le spectacle Lord of the Dance qui a drainé quelque 18 000 amateurs. Cette année, le concert de Feyrouz, programmé à l’occasion du cinquantenaire de Baalbeck, pourrait faire jeu égal avec plus de 10 000 billets déjà vendus à un mois de l’événement. En dehors des festivals, c’est le chanteur Pavarotti qui a attiré le plus grand nombre de spectateurs : 15 000 avec un prix moyen de la place avoisinant les 100 dollars. Un record. Et pourtant, ce n’était pas assez pour couvrir les sommes déboursées par le producteur, Jihad Murr. « Nous n’avons pas organisé ce concert pour l’argent. C’était avant tout pour associer nos médias à un événement prestigieux », se souvient le propriétaire des radios Nostalgie et NRJ (RML à l’époque, ndlr).