Vous les avez peut-être croisés dans les rues de Beyrouth, pensant qu’il s’agissait (tout comme vous) de noctambules rentrant de quelques improbables virées. Mais c’est tout le contraire : eux se lèvent aux aurores et déambulent dans les rues pour rejoindre leur cours de yoga ou leur parcours de running. Ce sont les adeptes de l’ultramatinal : un petit 5h30 sur l’écran noir de leurs nuits blanches. « Pour notre groupe de yoga, c’était le seul moment disponible », explique une yogiste, adepte d’Asthanga, qui sévit de 6h00 à 7h30 deux fois par semaine, avant de rejoindre la banque où elle travaille. Aujourd’hui, les “morningophiles” émergent comme une “tendance” de vie, à la fois saine et énergisante : faire du sport, méditer, lire et lister les bonnes choses de la journée avant de partir au boulot “déjà rempli” en ayant fait le plein d’une activité “pour soi”... Comme souvent, cette nouvelle tendance nous vient tout droit des États-Unis : on la doit à un coach en développement personnel, Hal Elrod, auteur de “Morning Miracle” (à paraître en français le 10 mars aux éditions First). Pour ce gourou néozen, se lever très tôt permet de
« dédier un moment à la personne que nous souhaitons devenir ». Mais pour ce zélé matinal, cette discipline de vie doit aussi vous permettre d’accéder au “niveau suivant”, celui de « la hausse des revenus ». Car la productivité au travail s’améliore, assure le coach, si l’on passe une ou deux heures « à vivre pour soi » avant de rejoindre son bureau. Bien sûr, pour tenir le coup, ces fanatiques du chant du coq auront besoin de… se coucher ultratôt. Ce qui n’arrangera ni leur vie sociale ni même familiale, toutes deux ayant aussi besoin d’un temps pour s’épanouir. Enfin, on rappellera que si certains bienheureux n’ont besoin que de quatre à cinq heures de sommeil pour survivre, le “vulgum pecus” a un rythme biologique plus lourd, de sept à neuf heures minimum. Attention donc à trop jouer avec son sommeil, ce bien précieux, si facile à dérégler.