Soraya Hamdan et Marie-José Daoud avec Labne&Facts et Thérèse Keyrouz avec Yalla Bus ont gagné les deux prix de l’édition 2017 du concours « Femme francophone entrepreneure », organisé par l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et l’incubateur Berytech, en partenariat avec L’Orient-Le Jour et Le Commerce du Levant.

Soraya Hamdan et Marie-José Daoud avec Labne&Facts : « le média de la quête d’identité libanaise »

Soraya Hamdan (à droite) et Marie-José Daoud, Labne&Facts M.S.

«Il n’existe pas assez de médias au Liban qui se focalisent sur le positif», expliquent Soraya Hamdan et Marie-José Daoud, qui ont lancé en 2016 Labne&facts. Le concept : une plateforme d’informations pour les Libanais qui rêvent de changement. «Nous voulions être le premier média de la quête d’identité libanaise»,  explique cette ancienne journaliste de L’Orient-Le Jour, Soraya Hamdan. Labne&facts met ainsi en lumière des entrepreneurs ou des initiatives, qui «font avancer les choses». Né sur Instagram, où il compte plus de 3700 abonnés, Labne&Facts s’est depuis positionné sur Facebook avec déjà 2100 fans. «Notre ambition ? Devenir le Mashable Libanais», soit un site d’actualité, qui ambitionne d'«informer, inspirer, divertir la génération connectée», ainsi que le signale la version française de ce site américain. Comme son modèle, Labne&Facts espère d’ailleurs développer des contenus payants. «Beaucoup d’entrepreneurs ont des histoires incroyables à raconter mais n’en n’ont pas les moyens ou ne savent pas le faire. Nous pouvons leur proposer une communication alternative», détaille Marie-José Daoud, une ancienne du magazine Le Commerce du Levant. Premier client? L’Artisan du Liban pour lequel l’équipe peaufine une stratégie de contenu. «Les 10 000 euros de récompense vont nous permettre d’agrandir notre équipe et de développer notre site».

Thérèse Keyrouz avec Yalla Bus : rendre le bus accessible à tous

Thérèse Keyrouz, Yalla Bus D.R.

Parmi les espoirs de l’entrepreneuriat francophone, on peut aussi compter sur Thérèse Keyrouz. Du haut de ses 20 ans, elle est en passe de créer le «uber des transports collectifs», une application mobile pour relier bus et usagers. «Yalla Bus pourra savoir exactement où et à quelle heure passent les bus du pays». Le ministre des Travaux publics et des Transports, Youssef Fenianos, a d’ores et déjà donné son feu vert et compte même l’inclure dans son plan quinquennal de modernisation de transports publics.
Etudiante à l’Université américaine de Beyrouth, Thérèse Keyrouz a puisé dans son propre vécu pour sa start-up : «lors de ma première année à la fac, je devais sans cesse me débrouiller pour rentrer avec quelqu’un, faute de transport en commun. Et même lorsque j’ai eu une voiture, ce n’était guère la solution : trouver une place de parking s’est révélé un enfer et coûtait très cher. Le bus était une bien meilleure solution !  Mais nul ne savait où et quand il passait».
En théorie (l’application n’a pas encore vu le jour), les utilisateurs de Yalla Bus entreront leur destination dans l’application, laquelle leur fournira plusieurs choix en fonction du type de bus souhaité, du prix, du temps d’attente… L’application leur fournira même le point de passage le plus proche pour  mieux sauter dedans. Pour l’heure, seules cinq lignes de bus participent au projet. Trois sont publiques : les deux lignes de la n°15 qui relient Dora à Aïn Mreisseh et Dora à Mathaf ainsi que le bus n° 2 qui fait la liaison Antélias-Hamra. Deux sont privées : celle de la société Zantout, qui assure le trajet de Cola à Saïda et celle de Connexion, qui dessert Tripoli à partir de la station Charles Hélou.
Pour se rentabiliser, Thérèse Kayrouz envisage un abonnement annuel,  payable par les propriétaires de bus et les compagnies privées adhérentes. «En retour, le bus est assuré d’augmenter son nombre d’usagers». Mais pour l’heure, les modalités de ce service restent encore à définir. Surtout désormais, Yalla Bus va équiper les bus partenaires afin de favoriser leur localisation. Si tout ce passe comme prévu, Yalla Bus devrait décoller d’ici à février prochain.